Vierzon : le député Nicolas Sansu fustige l'annulation du souvenir de l'esclavage par la nouvelle municipalité
La suppression des cérémonies officielles de la journée nationale du souvenir de l’esclavage par la nouvelle municipalité de Vierzon suscite une vive controverse. Le député Nicolas Sansu (PCF), qui a maintenu une commémoration alternative, dénonce une décision politique dictée par l’influence de l’extrême droite locale.
La journée nationale du souvenir de l'esclavage et de ses abolitions a été marquée dimanche 10 mai par une vive polémique à Vierzon, dans le Cher.
Le nouveau maire a choisi d'annuler les commémorations organisées depuis dix ans par l'ancienne équipe municipale, invoquant des raisons d'économies budgétaires.
Une cérémonie maintenue
De son côté, le député Nicolas Sansu a maintenu une cérémonie citoyenne, déplorant un acte politique de la part d'une municipalité soutenue par l'extrême droite lors des élections de mars dernier.
Interrogé au micro de RCI, le parlementaire fustige une certaine ambiguïté du Rassemblement National :
J'ai cru comprendre que c'était un communiqué du RN, mais des Outre-mer. Parce que je peux vous dire que le RN local, lui, a soutenu mordicus la décision du maire de Vierzon, qui n'est pas encarté au RN, mais qui en a eu le soutien et qui est très proche de Marion Maréchal et de la "galaxie" Stérin. Donc, il est d'extrême droite. Le Rassemblement National du Cher ne s'est pas engagé dans la voie du RN des Outre-mer, puisqu'ils ont soutenu le maire.
Un double discours dénoncé
Malgré une condamnation officielle de l'annulation par les instances nationales du RN, Nicolas Sansu y voit un double discours et une attaque frontale contre les valeurs républicaines. Pour lui, l'enjeu dépasse le simple cadre protocolaire :
Ne pas faire cela, c'est justement montrer qu'on commence à retirer un certain nombre de principes à notre République. On a eu un monde comme jamais, parce que les gens se lèvent face à celles et ceux qui vont faire chanter les louanges à Pétain à un endroit, ou retirer le drapeau européen à un autre. Chez nous, c'est passé par la commémoration du souvenir contre l'esclavage et la traite des êtres humains.
Le député s'est félicité de la forte participation à ce rassemblement, qu'il interprète comme un signal de vigilance démocratique :
J'ai vu des gens debout et c'est cela qui m'intéresse. On ne va pas laisser instiller le poison de la haine et de la division entre nos concitoyens sans rien dire. C'est un point positif. Beaucoup de citoyens ont compris le message que nous avons voulu faire passer : montrer que cette force de résistance existe et qu'elle représente la société fraternelle. C'est cela qu'il faut gagner.







