Crise de l’eau : le SMGEAG détaille les mécanismes de remplissage et les fragilités du réseau

Par 12/05/2026 - 15:50

Alors que le président du Conseil départemental, Guy Losbar, appelle à la tenue d'un Congrès des élus dédié à l'eau, le SMGEAG analyse les causes de la fragilité du réseau. Entre vétusté, incidents techniques et l'impact des citernes privées sur le remplissage des réservoirs, l'équilibre de la distribution reste difficile à stabiliser.

    Crise de l’eau : le SMGEAG détaille les mécanismes de remplissage et les fragilités du réseau

En amont du Congrès des élus consacré à la thématique de l'eau, à l'initiative du président du Conseil départemental Guy Losbar, la rédaction a analysé le mécanisme des tours d'eau qui continuent d'exaspérer la population.

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Entre des foyers privés de ressources durant plusieurs jours, des établissements scolaires perturbés et des services de secours entravés par la pénurie, de nombreux secteurs demeurent à sec malgré les calendriers officiels.

Cette crise structurelle repose sur deux piliers : un réseau vétuste et des milliers de fuites.

Face à ces interruptions chroniques, l’installation de citernes de stockage devient une solution presque incontournable pour les particuliers. Toutefois, selon le SMGEAG, ces équipements pourraient accentuer les dysfonctionnements du réseau global.

Le réflexe du stockage individuel

En Guadeloupe, s'équiper d'une citerne est désormais une pratique courante. Lorsque l’eau coule à nouveau pendant quelques heures, beaucoup cherchent à constituer des réserves maximales pour tenir sur la durée.

Si le Syndicat de l’eau admet l’utilité de ces dispositifs pour les usagers, il souligne que, dans le contexte actuel, ils fragilisent l'équilibre général.

Astrid Datil, responsable du département Eau potable au SMGEAG, précise :

Pour le confort de l'abonné, nous conseillons évidemment ces équipements afin de mieux supporter les tours d'eau et les périodes de pénurie qui, parfois, se prolongent. En tant que professionnels, nous ne considérons pas cela comme l'idéal, mais nous ne pouvons blâmer la population de s'équiper ; nous le sommes d'ailleurs tous. Le problème survient lors de la remise en eau : l'effet est comparable à celui d'une chasse d'eau. La présence massive de citernes engendre une absorption immédiate d'une immense quantité de ressources pour compenser les jours de manque. Cela perturbe la stabilisation du réseau, mais je pense que nous parviendrons à nous améliorer à terme.

La complexité des tours d'eau

Une question revient souvent chez les usagers : pourquoi ne pas limiter les tours d'eau à la période nocturne ? Les experts expliquent que les interruptions sont strictement corrélées au volume disponible dans les réservoirs.

La responsable du département Eau potable développe ce calcul :

Si je ferme la distribution pendant seulement quatre heures, le réservoir ne se remplira qu'à moitié et se videra instantanément dès l'ouverture. Nous devons donc calculer précisément le volume manquant. Si un déficit de 200 unités est constaté, il faut impérativement compenser ce volume sur une durée suffisante pour que le réservoir atteigne un niveau de remplissage satisfaisant.

Entre le stockage individuel et une production insuffisante, l’équilibre demeure précaire, car chaque pic de consommation impacte l'ensemble de la distribution.

Un réseau multi-fragilisé

La crise de l’eau ne se limite plus aux seules canalisations défaillantes.

Coupures d'électricité, intempéries et incidents techniques viennent désorganiser un système déjà à bout de souffle, multipliant les ruptures de service. Astrid Datil détaille les causes de cette instabilité persistante :

Nous ne sommes pas à l'abri d'incidents techniques qui s'ajoutent aux fuites et aux casses habituelles. Le réseau dépend aussi de l'alimentation électrique. C'est pourquoi, lors de fortes pluies orageuses, nous publions un communiqué général car nombre de nos installations se retrouvent à l'arrêt. Si certains secteurs disposent de groupes électrogènes, ces derniers ne sont pas fiables à 100 % en cas de problèmes externes. À noter que d'autres installations fonctionnent, quant à elles, à l'énergie solaire.


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