65 ans du SMA : la gastronomie des Outre-mer s'invite à Paris pour mettre en lumière l'insertion des jeunes
À l'occasion de ses 65 ans, le Service Militaire Adapté (SMA) a organisé une semaine de festivités à Paris, marquée par un concours de cuisine inter-régiments remporté par la Polynésie. Ce anniversaire met notamment en lumière un dispositif d'insertion unique propre aux Outre-mer.
Le Service Militaire Adapté fête ses 65 ans. Pour l'occasion, des festivités ont été organisées à Paris cette semaine, dont un concours de cuisine entre les sept régiments du SMA.
Les jeunes de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, La Réunion, Nouvelle-Calédonie et de Polynésie Française ont eu la mission de faire un plat inédit avec des produits locaux.
Ce concours, remporté par les Polynésiens, a permis de mettre en avant les métiers de la restauration, parmi les nombreux enseignés au SMA.
Un modèle propre aux Outre-mer
Chaque année, le Service Militaire Adapté accueille 6 000 volontaires : des jeunes de 18 à 25 ans, éloignés des études et du marché de l'emploi, qui y sont formés et accompagnés.
Le dispositif du SMA est régulièrement cité comme exemple, mais pour le Colonel Laurent Nobel, chef de corps du RSMA de Guadeloupe, il ne pourrait pas être reproduit à l'identique dans l'Hexagone :
Ce n'est pas forcément transposable tel quel. Il y a certes de très bonnes idées à reprendre et il faut s'inspirer de notre réussite pour créer un dispositif approchant. C'est très flatteur pour nous, mais le Service Militaire Adapté reste un outil conçu spécifiquement pour les Outre-mer. Alors, même si des débats circulent à ce sujet, je pense qu'il faut s'en inspirer comme d'un bel exemple, tout en se souvenant de sa genèse. En 1961, l'objectif premier était de permettre aux jeunes ultramarins d'effectuer leur service sur leur propre territoire tout en participant à son développement. Grâce à cette jeunesse pleine de dynamisme et dans la fleur de l'âge, de grands chantiers ont pu voir le jour, comme la construction de routes ou de pistes d'aviation.
Faire pour apprendre et vivre ensemble
Ce vendredi 29 mai, pour célébrer ces 65 ans, une grande cérémonie était également organisée au ministère des Outre-mer.
Le chef étoilé et engagé Thierry Marx était le président de ce concours. Ce dernier a été bluffé par les candidats mais aussi, lui-même ancien militaire, par l'état d'esprit général :
Il y a 900 ans, les Compagnons du devoir faisaient déjà cela : on apprenait à quelqu'un, même illettré, à tisser des cordes et à monter des cintres pour bâtir des cathédrales. C'était un véritable cheminement professionnel. Je pense que le RSMA a parfaitement intégré cette mécanique des bâtisseurs. Il y a ceux qui ont appris pour faire, et c'est tant mieux, ils ont toute leur légitimité. Et puis, il y a ceux qui ont fait pour apprendre, qui ont découvert la vie autrement, et ils sont tout aussi légitimes. Le RSMA prouve que l'on peut vivre ensemble ; c'est là sa véritable force et sa mécanique. Quand on côtoie un de ses régiments, on ressent une unité et une cohésion profonde basées sur ce principe. Après soixante-cinq ans d'existence, c'est ce que l'on retient. Les symboles manquent parfois dans notre République actuelle, mais le RSMA nous rappelle que l'on peut faire peuple ensemble, les uns avec les autres et jamais les uns contre les autres. Par les temps qui courent, cela fait du bien et nous rassure.







