Conflit à La Poste : la décision de la justice attendue le mardi 9 juin
Après l'échec de la médiation, la direction de La Poste et les grévistes de la CGTM PTT se sont affrontés ce vendredi 5 juin devant le tribunal judiciaire. Suite à l'assignation de trois représentants syndicaux pour blocage, la justice rendra sa décision le mardi 9 juin.
Le bras de fer entre la direction et les grévistes s'est joué à nouveau devant le tribunal judiciaire ce vendredi matin (5 juin), suite à l'échec de la médiation ordonnée par la justice plus tôt cette semaine.
La direction reproche notamment à trois représentants syndicaux de la CGTM PTT, Dominique Joseph Monrose, Jean Juvigny et Olivier Rodin, d'entraver le bon fonctionnement de plusieurs sites de l'entreprise.
Pour rappel, le mouvement de grève a débuté le 12 mai dernier, déclenché par un désaccord profond sur la réorganisation des horaires du service de nuit.
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La direction dénonce le coût du blocage
Après l'exposition des arguments de chaque partie ce matin, la justice a mis sa décision en délibéré au mardi 9 juin.
De leur côté, les salariés grévistes n'ont pas encore précisé la suite qu'ils comptaient donner à leur mobilisation.
Du côté de la direction, l'avocate de La Poste, Me Isabelle Olivier, a fermement réclamé la levée des blocages en insistant sur l'impact économique et social du mouvement :
Aujourd'hui, La Poste en Martinique compte 439 agents, et depuis une semaine, on recense précisément 13 grévistes. Ce tout petit groupe empêche plus de 400 salariés de venir travailler chaque jour, alors qu'ils attendent devant les grilles. Cela représente un coût de plus de 690 000 euros en salaires dus à ces agents qui, restant à la disposition de l'employeur, doivent être payés. Les grévistes affirment que le protocole n'est pas respecté, mais nous avons prouvé, point par point, qu'il l'est strictement. De plus, les blocages ont touché le site de l'aéroport, partagé avec une entreprise privée qui a subi des intrusions et vu son activité perturbée. C'est une première, et cette escalade dans le conflit est particulièrement inquiétante pour l'avenir.
Une absence de dialogue
À l'inverse, le conseil des grévistes, Me Raphaël Constant, rejette en bloc les arguments de l'entreprise et pointé du doigt l'intransigeance de la direction :
Si les salariés font grève, c'est parce qu'ils font face à de vrais problèmes. Dans ce dossier, on leur impose des modifications d'horaires et des pertes de salaire, tout en exigeant d'eux qu'ils se taisent. C'est contre cela qu'ils protestent. Malheureusement, il n'y a aucune volonté de négocier en face : nous demandons une expertise sur les risques psychosociaux, c'est refusé ; nous demandons le maintien des salaires, c'est refusé. Face à cette impasse, le mouvement social risque fort de se poursuivre. Nous attendons le verdict du tribunal ce mardi 9 juin, et nous verrons pour la suite.
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