Abrogation du Code Noir : que dit ce texte, vieux de quatre siècles, qui a régi l'esclavage ?

Par 30/05/2026 - 14:13

Après le vote unanime de l'Assemblée nationale ce jeudi 28 mai abrogeant le texte de 1685, l'historien Frédéric Régent en présente les grandes lignes. Il animera une conférence gratuite sur ce sujet ce samedi 30 mai à 17 heures au Palais des Congrès de Madiana.

    Abrogation du Code Noir : que dit ce texte, vieux de quatre siècles, qui a régi l'esclavage ?

L'abrogation officielle du Code Noir, votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale ce jeudi 28 mai.

Ce texte royal élaboré par Colbert et promulgué en 1685, a longtemps régi le statut juridique ainsi que les conditions de vie des esclaves.

Lire aussi : L’Assemblée nationale a voté l’abrogation du Code Noir

Bien qu'il n'ait plus aucune valeur juridique aujourd'hui, il n'avait encore jamais été formellement abrogé, pas plus que les dispositions qui y étaient liées.

Que contenait le Code Noir ?

Pour comprendre le contenu réel de ce document vieux de près de quatre siècles, l'historien et spécialiste de l'esclavage Frédéric Régent animera une conférence explicative. Il décrypte les grands piliers de ce texte :

Le texte stipule d’abord que les esclaves doivent être baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Il précise également qu'ils sont qualifiés de "biens meubles". Cette formulation répond à un débat juridique de l'époque : l'esclave est-il un bien meuble ou immeuble ? En clair : "peut-il être vendu séparément de la plantation ?" Le Code Noir définit aussi les droits des maîtres, notamment celui de faire travailler les esclaves, de les fouetter ou de les enchaîner, tout en leur interdisant de les mutiler ou de les tuer. Enfin, le texte liste plusieurs peines pour encadrer les interdits imposés aux esclaves, comme circuler armé d'un coutelas, agresser quelqu'un, frapper une personne libre ou encore s'enfuir, ce que l'on appelle le marronnage. C'était, en somme, une manière de réglementer l'esclavage dans l'ensemble des Antilles françaises.

L'événement, gratuit et accessible sur inscription, se tiendra ce samedi 30 mai à partir de 17 heures au Palais des Congrès de Madiana.


Tags

À lire également