Environnement : l'IFRECOR dresse un état des lieux alarmant des récifs coralliens en Guadeloupe
Réunis à la DEAL, les acteurs de l'environnement en Guadeloupe ont défini 15 actions prioritaires d'ici 2030. L'objectif est d'enrayer la disparition dramatique des récifs coralliens, dont dépendent directement l'économie, la pêche et la protection du littoral de l'île.
Réunis à la DEAL ce jeudi 4 juin, les membres du comité local IFRECOR ont dressé un état des lieux préoccupant des récifs coralliens guadeloupéens.
Face à la dégradation accélérée des écosystèmes marins, une trentaine d'acteurs institutionnels, scientifiques, associatifs et socio-professionnels ont travaillé à l'identification des actions prioritaires à mener d'ici 2030.
Objectif : enrayer le déclin des récifs, protéger la biodiversité marine et préserver les activités économiques qui en dépendent.
15 priorités pour 2030
Face à l'urgence, Charlotte Dromard, enseignante-chercheuse à l’université des Antilles, détaille la méthode rigoureuse adoptée pour transformer ce plan global en urgences absolues :
Nous avons passé en revue le plan d'action en cours de validation. Il s'agit d'une feuille de route, d'un travail conjoint destiné à établir une liste de mesures concrètes. Le travail de priorisation entamé ce matin s'avère délicat car toutes les actions semblent cruciales, qu'il s'agisse de restauration, de sensibilisation ou d'aide à la décision. Bien que variées, elles ont toutes un rôle majeur à jouer dans la protection des milieux marins. Par un système de vote, nous avons cherché à hiérarchiser nos efforts pour dégager 15 grandes priorités absolues. Parmi elles figurent, par exemple, le renforcement de la protection de certaines zones récifales, l'intensification de la recherche scientifique sur des écosystèmes ou des espèces encore méconnus, ou encore la mise en œuvre concrète d'actions de restauration pour réparer les milieux déjà endommagés.
Un effet domino dévastateur
Si près de 80 % des coraux ont disparu en Guadeloupe en 45 ans, les acteurs réunis au sein du comité local IFRECOR alertent sur l’urgence de protéger ces écosystèmes. leur disparition entraîne de nombreux impacts pour le territoire guadeloupéen.
Thierry Sabathier, directeur adjoint de la DEAL, met en garde contre un effet domino dévastateur pour l'économie et la sécurité de l'île :
La destruction de ces structures coralliennes revient à détruire les nurseries de l'ensemble de la faune marine. Cette dégradation ne touchera pas seulement les coraux, mais tout l'écosystème marin, avec un impact économique direct sur le territoire, notamment pour la pêche. Le problème est mathématique : sans petits poissons, il n'y a plus de moyens, puis plus de gros poissons. À terme, c'est toute la ressource halieutique qui s'effondre et met en péril la filière. L'autre secteur menacé est le tourisme. On vient en Guadeloupe parce que les fonds marins sont merveilleux, ou du moins, l'étaient. La question de la fréquentation touristique se posera inévitablement s'ils viennent à disparaître. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle protecteur de ces récifs face aux tsunamis et à l'action mécanique des vagues sur le littoral. La mortalité des coraux accélère l'érosion côtière et le recul du trait de côte.
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