Ni emploi, ni études, ni formation : comment la génération « NEET » réinvente son rapport au travail

Par 27/05/2026 - 08:30

En France, la situation des 1,5 million de jeunes « NEET » suscite le débat. Entre un marché de l'emploi jugé difficile et une volonté de rompre avec le salariat traditionnel, quatre jeunes livrent leur vision de l'avenir et du travail.

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© Creative Commons / Image d'illustration

Ils sont aujourd'hui plus d’un million et demi en France : des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.

Désignés sous l'acronyme de « NEET », les membres de cette génération font l'objet de nombreux débats, oscillant entre incompréhension et stigmatisation.

Un nouvel équilibre de vie revendiqué

Face aux difficultés économiques, à la perte de repères et à une quête de sens globale, les diagnostics divergent.

Si certains pointent du doigt un marché du travail saturé, d’autres estiment que la jeunesse rejette désormais les contraintes traditionnelles du monde professionnel.

Refus des horaires rigides, aspiration à de meilleurs salaires ou désintérêt pour le CDI : la génération Z revendique avant tout un nouvel équilibre de vie.

Dès lors, une question se pose : ces jeunes sont-ils les victimes d'un système défaillant ou les acteurs de leurs propres choix ?

Pour une partie de cette jeunesse, l'accès à la stabilité professionnelle relève du parcours du combattant.

C'est notamment le constat dressé par Fibel, 25 ans, qui témoigne de sa confrontation quotidienne avec le marché de l'emploi :

Je ne travaille pas. Je suis en recherche sur le travail. En Guadeloupe, c'est un peu dur. Ils n'ont pas de temps pour nous. On nous regarde mal en tant que jeunes.

Un vrai "problème de société"

À l'inverse, d'autres refusent d'adopter une posture fataliste et pointent plutôt du doigt une évolution des mentalités, voire un manque d'ambition.

Guillaume, 20 ans, livre une analyse sans concession sur le comportement d'une partie de sa génération :

De plus en plus, c’est la génération du : "Maman va payer pour moi, papa va payer pour moi, je n'ai pas besoin de travailler parce qu'on va subvenir à mes besoins". J'ai l'impression que plus la génération avance, plus elle s'attend à ce que le monde lui apporte travail et argent sans avoir grand-chose à faire. Je pense que c'est plutôt un problème de société et d'éducation. On le voit bien avec TikTok et les réseaux maintenant : ils suivent des créateurs de contenu et ils font énormément d'argent.

L'alternative de l'entrepreneuriat

Au-delà du clivage entre recherche d'emploi et inactivité, certains décident de tracer leur propre route en dehors des sentiers battus.

C'est le choix fait par Enzo, 25 ans, qui a choisi de s'affranchir du système scolaire classique pour créer son activité, réfutant l'idée d'une fatalité économique :

Sans emploi, je veux bien comprendre, sans formation. Moi, je n'ai pas de formation. J'ai arrêté l'école au bac, j'ai une entreprise, je travaille, donc ce n'est pas une excuse. Si quelqu'un veut du travail, il trouve du travail. Pour moi, il y a du travail partout.

Malgré la diversité de ces parcours, une tendance de fond se dessine : le rapport à la valeur "travail" a profondément changé. Vanou synthétise avec clarté cette rupture culturelle et l'évolution des aspirations profondes de sa génération :

Avant, on se tuait au travail pour bien se faire voir et avoir un emploi stable qui permettait d'acheter une maison. Aujourd'hui, les jeunes, ils veulent bouger, ils ne veulent pas rester ancrés dans une seule entreprise toute leur vie.


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