Sexualité en Outre-mer : l'Inserm pointe un manque de protection, 28% des femmes déclarent des violences sexuelles
L’enquête "Contexte des sexualités en France" révèle des comportements à risque marqués aux Antilles et en Guyane, entre défaut de protection, accès limité au dépistage et persistance de fortes tensions sociales.
L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a dévoilé ce mercredi 15 avril les premiers résultats ultramarins de son enquête "Contexte des sexualités en France", menée en partenariat avec l'Agence nationale sur les maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE).
Cette étude vise à recueillir des données robustes afin d'affiner la compréhension des comportements, notamment les pratiques à risque, au regard des spécificités statistiques propres aux territoires d'Outre-mer.
Une protection encore trop fragile
Le constat est particulièrement marqué aux Antilles : en Guadeloupe et en Martinique, le préservatif est omis dans près d'un rapport sur deux lors d'une première rencontre.
Si la vigilance s'avère plus élevée chez les jeunes générations, environ 15% des femmes de 18 à 29 ans déclarent tout de même n'avoir utilisé aucune protection lors de leur premier rapport sexuel.
Par ailleurs, tous âges confondus, près d'un quart des sondées n'ont recours à aucune contraception.
Cette situation semble directement corrélée au taux important de grossesses non désirées puisque 15% des femmes interrogées ne souhaitaient pas de grossesse et environ 15% également auraient préféré que celle-ci survienne plus tard.
Un regard social encore fermé
Au-delà des enjeux liés à la maternité, cette protection limitée favorise la transmission des infections sexuellement transmissibles (IST).
Les taux de couverture vaccinale pour l'Hépatite B et le papillomavirus demeurent globalement faibles, tandis que le recours au dépistage reste lacunaire : en Guadeloupe et en Martinique, seuls 60% des hommes environ ont déjà effectué un test de dépistage du VIH.
L'étude souligne également une réalité alarmante : des violences sexuelles ont été déclarées par plus de 28% des femmes de tous âges dans nos territoires, dont plus de la moitié lorsqu'elles étaient mineures.
Concernant les pratiques, on observe que les hommes déclarent en général un nombre de partenaires nettement supérieur à celui des femmes, un écart qui tend à se creuser avec l'âge.
Enfin, nos îles se distinguent par un rejet marqué de l'homosexualité.
Si une tolérance un peu plus élevée s'esquisse chez les plus jeunes et chez les femmes, la grande majorité des répondants avouent ne pas considérer qu'il s'agit d'une "sexualité comme une autre".







