« Les Antilles-Guyane enflamment ma créativité » : Wil Aime présente "WHO" au Palais des Congrès de Madiana

Par 04/06/2026 - 18:31 • Mis à jour le 04/06/2026 - 18:33

Sorti le 30 mai sur Disney+, le thriller psychologique "WHO" marque le passage au long-métrage du réalisateur guadeloupéen Wil Aime. En promotion en Martinique ce 1er juin, le créateur est revenu sur les sept années de production de ce projet indépendant et ambitieux, entièrement auto-financé.

    « Les Antilles-Guyane enflamment ma créativité » : Wil Aime présente "WHO" au Palais des Congrès de Madiana

Véritable thriller psychologique à haute tension, le long-métrage "WHO" réalisé par le créateur de contenu et maître du storytelling Wil Aime, ne laisse personne indifférent depuis sa sortie officielle sur Disney + le 30 mai dernier, avant une diffusion à l’international (Canada, Afrique...).

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Le premier long-métrage du Guadeloupéen de 31 ans, met en scène des personnages dans un monde de monstres.

L'écriture du scénario ayant débuté en 2019, ce projet ambitieux aura mis sept ans à voir le jour.

Une aventure de longue haleine pour laquelle près de 400 artistes et techniciens se sont mobilisés afin de lui donner vie.

"Il faut essayer de s'amuser"

Des réseaux sociaux aux salles obscures, Wil Aime a auto-financé et réalisé ce projet en indépendant.

Ce dernier s'est entouré de collaborateurs fidèles, présents à ses côtés depuis ses débuts sur le web il y a plus de 10 ans.

De passage en Martinique ce lundi 1er juin pour rencontrer la presse et quelques privilégiés au Palais des Congrès de Madiana, le trentenaire en a profité pour distiller des conseils à ceux qui se lancent, comme lui à l'époque, avec un statut d’amateur.

Pour ce diplômé d’un master en mathématiques et probabilités, la clé essentielle serait de prendre du plaisir :

Je dirais qu'il faut essayer de s'amuser. Nous vivons à une époque où c'est devenu très difficile : tout le monde voit tout, analyse tout, critique tout. Il est donc dur de ne pas craindre le jugement des autres, d'autant que nous sommes habitués à être constamment exposés. Tout ce que nous faisons est visible par nos proches via des stories ou d'autres biais. Dans ce contexte, il est complexe de garder la tête froide et d'aller au bout de ses idées en se disant que ce n'est pas grave si personne ne les comprend. Pour pallier cela, la clé est de réussir à s'amuser. Il faut trouver des personnes qui vous divertissent, qui partagent votre enthousiasme, et avancer à leurs côtés. Je leur dirais aussi de tout faire pour ne pas avoir peur de dérouter. Nous avons commencé en étant amateurs, et c'est selon moi la meilleure manière de débuter. D'ailleurs, tous ceux qui se lancent sont amateurs au départ. Ce qui prouve que vous êtes professionnel, c'est le fait de mener un projet à bien, de le concrétiser. C'est comme en entreprise : quand on arrive sans CV, on est amateur ; une fois qu'on a de l'expérience à afficher, on devient professionnel. 

Écrit en partie en Guyane, le long-métrage "WHO" se veut être un symbole du talent ultramarin.

Un attachement pour les Antilles-Guyane

Wil Aime revient également sur son attachement pour les Antilles et la Guadeloupe, ainsi que sur toutes ces années de travail acharné entre l’Hexagone et les Antilles :

Les Îles m'inspirent énormément dans mon écriture : la vision des choses, le fait d'être un peuple qui se bat pour continuer à exister, l'histoire des Antilles, mais aussi sa spiritualité. J'aime beaucoup la nuit antillaise et ce qu'elle m'évoque. Tant de choses m'inspirent ici. Les Antilles et la Guyane  enflamment ma créativité, et j'avais envie de le leur rendre. Je voulais témoigner ma reconnaissance en commençant cette tournée d'abord ici, en Guadeloupe et en Martinique, et j'en suis très content. Je pense que le plus difficile, sur une période de sept ans, c'est de garder la foi. Ne pas baisser son exigence ni son ambition, garder le cap sur ses idées et continuer à les défendre jusqu'au bout. Même si le monde change, même si le monde avance, il faut rester fidèle à notre vision d'origine. C'est cela le plus difficile : garder la foi

Le choix de la patience

Le réalisateur se livre sur les choix parfois complexes qu’il a dû faire et convie les spectateurs à découvrir son tout premier long-métrage :

À un moment donné, nous n’avions plus les moyens de continuer à tourner. J’avais alors le choix : soit faire de lourdes coupes dans mon scénario, soit m'arrêter et attendre potentiellement un an pour tourner la suite. Nous avons décidé d'attendre. Ce fut une décision difficile, car un tournage est déjà éprouvant en soi, et se dire qu’il faut patienter un an avant de continuer est un vrai déchirement. Cela demande énormément de patience et beaucoup de courage. C'est un choix que nous avons fait, et aujourd’hui, je suis très heureux de l’avoir pris, car cela nous a permis d'aller au bout de notre idée. Je pense que c'était la décision la plus difficile à prendre. Le monstre se cache dans les détails." C'est une phrase d'accroche qui suggère que des choses sont dissimulées dans ce film ; le concept repose précisément sur ce qu'on ne voit pas ou ce qu'on ne comprend pas. Il faudra donc débusquer ce monstre. Comme je l'ai dit, l'histoire commence vraiment à l'arrivée du monstre, à l'arrivée de l'antagoniste. S'il y a quelque chose de caché, c'est qu'il y a quelque chose à chercher.

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