Journée mondiale de la sclérose en plaques : pourquoi la maladie gagne-t-elle du terrain aux Antilles ?
À l’occasion de la Journée mondiale de la sclérose en plaques ce samedi 30 mai, focus sur une maladie en progression en Guadeloupe et en Martinique. Alors que le nombre de cas augmente, les neurologues pointent du doigt la succession d'épidémies de dengue et de chikungunya.
Ce samedi 30 mai est la journée mondiale de la sclérose en plaques. Une maladie encore méconnue du grand public mais qui gagne du terrain en Guadeloupe et en Martinique.
Cette maladie inflammatoire du cerveau frappe principalement les jeunes adultes, avec une prédominance chez les femmes.
En France, plus de 110 000 personnes vivent avec cette maladie chronique.
Environ 240 personnes recensées
En Guadeloupe, elle touche environ 240 personnes, selon les estimations de l’assurance maladie. Un chiffre en hausse depuis 2013, et une progression des cas qui s’expliquent par une accumulation de facteurs.
Un lien établi entre les épidémies infectieuses liées par exemple au chikungunya et les épidémies inflammatoires pourrait être à l’origine de cette augmentation de cas ces dernières années selon le Dr. Sylvie Mécharles, neurologue.
Invitée de Naïza Rippon dans le Caraïbes 13h sur RCI Guadeloupe, la neurologue détaille les signaux d'alarme qui doivent pousser à consulter :
Les premiers signes qui doivent alerter sur la sclérose en plaques sont, par exemple, la perte de la vision d'un œil, un côté du corps qui ne fonctionne pas, des troubles urinaires ou intestinaux, et des problèmes pour marcher. Dans ce cas-là, il est important de consulter son médecin traitant en premier lieu.
La piste des virus récidivants
Au-delà des facteurs génétiques, la recherche locale s'intéresse de près à l'environnement tropical. Pour le Dr Sylvie Mécharles, l'histoire sanitaire récente des Antilles et la répétition des crises virales peuvent jouer un rôle de déclencheur majeur :
Il y a plusieurs facteurs. Une étude menée en 2025 par notre collègue, le docteur Deschamps en Martinique, relie nos épidémies infectieuses à l'augmentation de ces pathologies. Le chikungunya est plutôt associé au syndrome de Guillain-Barré, qui entraîne une paralysie, et la dengue à une encéphalite sévère, la neuromyélite. Depuis quelque temps, nous faisons face à des successions d'infections récidivantes, et nous pensons que les maladies inflammatoires augmentent à cause de cela. Pas seulement ici, mais partout dans le monde.







