Vie chère : le projet de loi incertain à l’Assemblée, les députés d’Outre-mer sceptiques

Par 03/04/2026 - 06:34

Le projet de loi sur la vie chère, porté par le gouvernement, suscite de fortes interrogations quant à son avenir parlementaire. Déjà adopté au Sénat, il pourrait être retardé à l’Assemblée nationale. Les députés de la délégation aux Outre-mer dénoncent la méthode et doutent de son examen effectif.

    Vie chère : le projet de loi incertain à l’Assemblée, les députés d’Outre-mer sceptiques
Assemblée nationale de Paris

Alors que le texte a été adopté au Sénat en octobre dernier, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé son report vers juin-juillet afin de l’enrichir et de le renforcer.

Mais du côté de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, les doutes persistent, tant sur le calendrier que sur la volonté réelle de faire aboutir ce projet de loi.

Une méthode contestée

Invités à participer à des groupes de travail pour retravailler le texte, les députés ont finalement refusé cette proposition lors d’une réunion tenue ce jeudi 2 avril. La députée de La Réunion, Karine Le Bon, a vivement critiqué cette démarche :

On nous a mis ces groupes de travail pour nous occuper. Bon courage à vous qui êtes candidat. Moi, je décide de ne pas participer à cette mascarade.

Les parlementaires s’interrogent aussi sur les chances réelles de voir le projet inscrit à l’ordre du jour. Entre un calendrier parlementaire chargé, des débats budgétaires attendus, les élections sénatoriales et l’échéance présidentielle de 2027, le risque est que le texte ne soit jamais examiné dans l’hémicycle.

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Un refus majoritaire de participer

Le député de Guadeloupe, Max Mathiasin, partage ces interrogations :

On avait déjà travaillé sur l’approfondissement de ce projet de loi en délégation aux Outre-mer. Donc on verra, mais on continue à travailler, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel, c’est de savoir s’il y a un effort qui sera fait. Donc moi, je reste sceptique.

Si certains élus envisageaient initialement de participer aux groupes de travail pour ne pas être accusés de faire la politique de la chaise vide, la délégation a finalement opté pour une non-participation. Son président, Davy Rimane, explique cette position :

À la fin des travaux de la délégation, on leur a transmis les éléments, comme on s’y était engagé. Nous, on attendait juste le moment du rendez-vous pour voir maintenant ce qui est acté, ce qui ne l’est pas, où est-ce qu’il y a discussion entre nous pour voir s’il y a un consensus à un certain niveau. D’où le refus extra-majoritaire de la formule proposée d’avoir des groupes de travail à plusieurs.

Il précise également les attentes des députés :

Maintenant, il s’agit juste de répondre : ce qui est retenu, ce qui ne l’est pas, où est-ce que ça pose un problème, et chacun décidera en son âme et conscience. Au pire, ils n’ont qu’à faire arriver le texte à l’Assemblée nationale, et on verra s’il va être voté ou pas.

Dans ce contexte tendu, l’avenir du projet de loi reste flou.


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