Dispositif POSEI : la ministre de l’Agriculture entend faire évoluer les aides agricoles en Outre-mer
Auditionnée mercredi (13 mai) par la commission d’enquête sénatoriale sur les inégalités systémiques en Outre-mer, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu une réorientation des aides agricoles. Elle souhaite notamment faire évoluer le dispositif POSEI vers davantage de diversification des productions locales.
Les aides agricoles en Outre-mer au cœur des débats au Sénat. Ce mercredi (13 mai), la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a été entendue par la commission d’enquête sénatoriale consacrée aux inégalités systémiques en Outre-mer. Elle a plaidé pour une évolution des politiques de soutien agricole, en particulier du programme européen POSEI.
Vers une évolution du dispositif POSEI
La ministre a évoqué la nécessité de revoir l’orientation des aides publiques afin de favoriser la diversification agricole, au-delà des filières historiques que sont la canne à sucre et la banane. Selon elle, ces productions d’exportation concentrent aujourd’hui une part importante des financements destinés aux Outre-mer.
Annie Genevard a présenté plusieurs données pour appuyer son analyse. Elle évoque notamment un recul de la production bananière et une forte dépendance aux subventions dans certaines filières.
Dans les Antilles, la production bananière a reculé de 27% depuis 2015. La filière Cannes génère des recettes qui ne couvrent que 41 à 58% de ses coûts de fonctionnement selon les territoires. Le reste étant comblé par des subventions publiques qui dépassent la valeur même du sucre produit. Et sur ces 803 millions d'euros de soutien annuels, 63% vont aux filières d'export historiques. Seulement 8% en culture vivrière en Guadeloupe, moins de 2% en Guyane.
À LIRE AUSSI Agriculture en Outre-mer : la Cour des comptes européenne rend un bilan contrasté sur le POSEI
Réorienter vers la diversification alimentaire
La ministre estime que l’enjeu ne se limite pas aux montants des aides, mais à leur orientation stratégique.
Ce n'est pas qu'un problème de moyens, c'est un problème d'orientation qui sera l'enjeu du futur POSEI. C'est pourquoi les orientations que nous portons sont claires : réorienter les soutiens publics vers la diversification alimentaire, lever les blocages fonciers, corriger les inégalités de retraite, développer une politique de l'alimentation qui incite à la consommation de produits locaux sans sacrifier les exigences sanitaires.
Annie Genevard a également assuré les sénateurs de sa volonté de défendre le maintien des aides européennes existantes. Celles-ci ont récemment été confortées par un vote du Parlement européen le 30 avril, alors qu’elles étaient annoncées comme potentiellement menacées dans le cadre du futur budget européen.







