Mort de Nicolas Dumont : 30 mois de prison avec sursis pour le chauffeur de poids lourd impliqué

Par 21/05/2026 - 15:52 • Mis à jour le 22/05/2026 - 09:08

Dix mois après l'accident qui a coûté la vie au cycliste Nicolas Dumont à Petit-Bourg, le tribunal de Pointe-à-Pitre a condamné le chauffeur du poids lourd à 30 mois de prison avec sursis et à l'annulation de son permis. Une audience marquée par une vive émotion et le silence du prévenu.

    Mort de Nicolas Dumont : 30 mois de prison avec sursis pour le chauffeur de poids lourd impliqué

Le procès du conducteur de poids lourds qui avait causé la mort de l'ex-coureur et champion de cyclisme Nicolas Dumont, le 10 juillet 2025 à Arnouville (Petit-Bourg), s'est tenu ce jeudi (21 mai) devant le tribunal pointois.

À l'issue de l'audience, l'homme a finalement écopé de 30 mois de prison avec sursis simple, contre les quatre ans (dont deux ferme) qui avaient été requis par le Parquet.

L'émotion de la partie civile

Ce jeudi, en plus de cette peine, son permis a été annulé avec interdiction de le repasser au moins pendant deux ans, tandis que les dédommagements civils seront débattus en septembre 2026.

Pour la famille, l'objectif était d'obtenir des explications sur les circonstances de cet accident mortel, afin de pouvoir faire son deuil. Mais du côté de la partie civile, ce n'est rien à comparer aux personnes qui vivent ce cauchemar depuis presque un an.

Des larmes mais pas de réponses

Le prévenu de 61 ans, entrepreneur et chauffeur de poids lourd est resté peu loquace à la barre.

Malgré les questions des juges, qui cherchaient à comprendre les causes du drame et à déterminer s'il était distrait ou sur son téléphone (bien que les analyses et expertises n'aient rien révélé), l'homme n'a pas fourni de réelles explications.

Éclatant en sanglots devant le tribunal, il a simplement déclaré ne pas avoir vu le cycliste ce matin-là alors qu'il sortait de la station-essence voisine.

Le sexagénaire l'a percuté par l'arrière, sans pouvoir en dire plus. Son avocat a notamment produit des documents attestant que son client a fait l'objet d'un suivi psychologique depuis les faits.

Un lourd passé routier

Déjà poursuivi en 2018 et 2019 pour des faits routiers, notamment des blessures involontaires, le prévenu de 61 ans avait déjà écopé d'une amende à cette période.

Pour l'avocate des parties civiles, Me Clémentine Plagnol, ce délibéré marque une étape essentielle mais douloureuse pour la famille :

C'est une condamnation qui était attendue simplement pour faire honneur et rendre un peu de dignité et d'honneur à monsieur Dumont et à sa famille, qui l'a pleuré au cours de cette audience et qui réclamait un certain nombre de réponses qui n'ont pas été apportées. Un délibéré qui a pris du temps, mais qui a permis une certitude de d'établir la responsabilité pénale du conducteur. Il y a une douleur qui est incommensurable. Elles sont suivies psychologiquement et psychiatriquement également. Le procès, en général, permet un peu de réparation aussi et une certaine avancée dans les phases de deuil. Pour les accompagner, ils vont avoir encore besoin d'aide. Des demandes seront formulées par la suite. C'est pour ça qu'on a demandé un renvoi. C'était important pour elles de s'exprimer devant le tribunal aujourd'hui. Quand on repasse chaque jour sur cette route, comme d'ailleurs d'autres coureurs, j'imagine cyclistes, c'est douloureux. Il fallait que la population entende aussi que c'est une faute qui n'était pas celle du cycliste.

La défense conteste

Du côté de la défense, Me Christophe Samper déplore un jugement destiné à « satisfaire » la partie civile plutôt qu'à juger les faits :

C'est un délibéré qui a été rendu pour satisfaire les parties civiles, mais qui ne règle pas la question au fond : quelle est la faute réelle reprochée à mon client ? On ne conduit pas un camion comme conduit une voiture. Il y a une vidéo qui apparaît et qui montre le déroulement des faits. Il se passe une seconde entre le moment où le cycliste double le véhicule et il se rabat immédiatement devant le camion. Comment voulez-vous qu'un chauffeur poids lourd voit ce cycliste ? Il est dans un angle mort. C'est une voie express. Elle apparaît dans le règlement de voirie du Conseil régional comme une voie express limitée à 110 km/h. Par définition, elles sont normalement interdites aux cyclistes.


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