Symbole d'un retour : la yole martiniquaise dans les eaux de Gorée

Par 22/05/2026 - 08:16 • Mis à jour le 22/05/2026 - 16:58

A l'occasion des commémorations pour l'abolition de l'esclavage et le 50ème anniversaire des retrouvailles en Martinique d'Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor, une délégation est actuellement au Sénégal. Un cadeau d'une puissance symbolique très forte va être offert au pays africain pour l'occasion : une yole, spécialement rénovée.

    Symbole d'un retour : la yole martiniquaise dans les eaux de Gorée

Le vent soufflait fort autour de Gorée mais l'importance du moment et du lieu n'a pas découragé face à la mer agitée.

Au contraire, elle a même galvanisé les yoleurs qui, sur la plage, se sont mobilisés pour monter l'embarcation.

Aidés par la population, le mât et la voile, les bwa dressé, la pagaie, ont trouvé rapidement leur place.

"C'est vraiment fabuleux"

La yole a pu ensuite s'élancer pour une courte mais intense navigation au large. Tania Marcelus-Jean Alexis, pionnière de la yole féminine, raconte son émotion :

Je voulais absolument être de ce côté de l'Atlantique, en descendant du bateau. En voyant la mer en arrivant, on s'est dit c'est foiré, c'est trop de vent, trop de mer...et puis on s'est dit qu'on ne peut pas être arrivé à Gorée et ne pas la sortir, même si ce n'est pas longtemps.

Ceux restés sur le rivage ont suivi la navigation, en longeant la côte, accompagnés par un groupe de musiciens, les yeux fixés au large et impressionnés :

Alain Dédé, patron historique de la yole ronde martiniquaise, fait également part de sa joie quant à cet évènement :

Ça me fait très chaud au cœur de voir la yole de la Martinique naviguer dans les eaux africaines, c'est vraiment fabuleux. Et je tire un grand coup de chapeau à toute l'équipe parce qu'aujourd'hui, sur la mer, non seulement il y avait les yoleurs, mais il y avait également les élèves et les amis.

Une "expérience exceptionnelle" pour le maire de Gorée

Parmi ces "amis" qui ont participé à ce baptême en mer, le maire de Gorée, Augustin Senghor :

Ce sont des moments privilégiés, s'enthousiasmait l'édile, j'ai toujours vu des images de la yole mais j'ai été marqué par la technicité. Et surtout, ce qui est fort, c'est l'esprit d'équipe et de coordination, parce que tout doit être fait très bien. C'est une expérience exceptionnelle.

Après cette sortie en mer, la yole a été ramenée sur terre de Gorée par les membres de la délégation, aidés par des habitants.

Installée sur la place de la Liberté, à côté d'une statue  d'esclaves qui brisent leurs chaînes, elle se dresse désormais comme un retour symbolique des descendants d'esclaves et de leurs ancêtres. Un lien mémoriel désormais indéfectible.


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