Agriculture en Outre-mer : la Cour des comptes européenne rend un bilan contrasté sur le POSÉI
Alors que l'Union européenne prépare sa trajectoire financière pour 2028-2034, la Cour des comptes a rendu, ce lundi 26 janvier, un bilan contrasté sur l'efficacité du POSEI (Programme d'Options Spécifiques à l'Éloignement et à l'Insularité), un dispositif vital pour l'agriculture ultramarine.
Alors que les discussions s'ouvrent sur le prochain budget pluriannuel de l'Union européenne pour 2028-2034, la Cour des comptes européenne a rendu, le 26 janvier, son verdict sur le POSÉI (Programme d'Options Spécifiques à l'Éloignement et à l'Insularité).
Ce programme, crucial pour le secteur agricole des régions ultrapériphériques (RUP), suscite aujourd'hui de nombreuses inquiétudes quant à sa pérennité.
Dans son rapport spécial publié le 26 janvier portant sur la période 2019-2023, la Cour des comptes européenne dresse un bilan contrasté de l'action du POSÉI. Si ce programme est un outil indispensable ayant permis de préserver la compétitivité de plusieurs filières traditionnelles, ce dernier possède également des lacunes persistantes.
Un bilan mitigé
En effet, le dispositif n'a pas réussi à répondre à l'intégralité des besoins et des contraintes spécifiques à ces territoires. Cette problématique laisse planer de réelles incertitudes quant à son efficacité et à son maintien sur le long terme.
En réalité, le bilan de la Cour est pour le moins mitigé. Le dispositif reste massivement concentré sur les filières dites "traditionnelles" : la banane et la canne à sucre aux Antilles, le lait aux Açores ou la tomate aux Canaries. En 2023, cela représentait 63 % du budget du POSÉI, soit plus de 410 millions d’euros.
De nombreuses incohérences
À l’inverse, la diversification animale et végétale ne capte que 21 % des fonds. Un total jugé insuffisant par Cour des comptes européenne, qui estime que ce déséquilibre pourrait freiner le développement à long terme, faute de prise en compte des enjeux environnementaux et démographiques.
Si le programme d’aide a permis une compensation de l'isolement géographique des régions ultrapériphériques (RUP), la Cour souligne toutefois plusieurs incohérences. Cette dernière pointe notamment des failles dans les contrôles de conformité et une difficulté majeure : l'impossibilité de vérifier si les avantages financiers bénéficient réellement, ou non, à l'utilisateur final.







