Commémoration de la mémoire de la traite et de l’esclavage : où en est l’abrogation du Code noir ?

Par 10/05/2026 - 11:34

La commémoration de la mémoire de la traite et de l’esclavage ce dimanche (10 mai), est l’occasion de s’interroger sur l’abrogation du Code noir en France. Une proposition de loi d'abrogation sera présentée à l'Assemblée nationale le 28 mai prochain, porté par le député Guadeloupéen Max Mathiasin.

    Commémoration de la mémoire de la traite et de l’esclavage : où en est l’abrogation du Code noir ?

Ce dimanche (10 mai), la France commémore la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Une date symbolique, qui résonne cette année avec un autre anniversaire majeur : les 25 ans de la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.


Mais un quart de siècle plus tard, cette reconnaissance est-elle réellement suivie d’effets concrets dans la société française et dans les territoires héritiers de cette histoire. C’est la question posée par l’anthropologue Esther Eloidin dans son essai : « À quand une abrogation du Code noir et une application réelle et concrète de la loi Taubira ? ».

À travers ce texte, la Martiniquaise interroge la persistance des mécanismes hérités du Code noir dans les rapports sociaux, économiques et institutionnels actuels. Son ouvrage soulève de nombreuses questions face aux réalités d’ignorance de la culture coloniale et antillaise :

Ce sont des réflexions que j'ai menées depuis plus d'une vingtaine d'années, notamment durant mes années d'expatriation en France métropolitaine, où je me suis rendu compte, qu'il y avait une invisibilité, une ignorance et une méconnaissance de notre histoire. On s'est bien rendu compte que la question du code noir était de nouveau d'actualité.

L’essai porte sur plusieurs thèmes, notamment la place de la culture des afro descendants sur la scène littéraire au niveau national :

Il y a vraiment des questions qui ne sont pas prises en compte dans l'application de la loi. La littérature et la musique de nos territoires ne sont pas reconnus à l'échelle nationale. Il suffit d'aller dans les librairies pour se rendre compte, que si ce n'est pas Aimé Césaire ou Raphaël Confiant, on ne trouve rien dans les rayons. Ça pose la question de la transmission.

L'abrogation du Code noir 

L’anthropologue estime que 25 ans après le vote de la loi Taubira, le manque d’implication et d’application de la loi est flagrant :

Quand la loi Taubira a été votée en 2001, la France a été pionnière en termes de résolution, au niveau international. Elle se positionnait en disant que l'esclavage est un crime contre l'humanité. Pourtant, quand en mars 2026, l'ONU et le Ghana proposent une résolution permettant de faire une réflexion internationale autour des réparations, qu'est-ce qui se passe? L'Union Européenne dans son ensemble, la France comprise, s'abstient de voter. C'est incompréhensible.

L’application de la loi Taubira, commence par l’abrogation du Code noir, qui régissait l'esclavage et le fonctionnement de l'économie coloniale, et qui n'a jamais été officiellement abrogé jusqu'ici. Une proposition de loi d'abrogation sera présentée à l'Assemblée nationale le 28 mai prochain.

Ce texte figurera au programme de la journée d'initiative parlementaire, surnommée « niche », du groupe LIOT et sera porté par le Guadeloupéen Max Mathiasin.

Écoutez cet entretien du député Max Mathiasin, au micro de Nicolas Ledain :

 


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