Pas de saison 2 pour Bandi : « Pour nous, le projet ne s’arrête pas », affirme le co-scénariste Khris Burton

Par 09/05/2026 - 09:50 • Mis à jour le 09/05/2026 - 10:33

Malgré un succès historique à l'international, Netflix a décidé de ne pas renouveler la série Bandi. Invité du journal de RCI, le co-scénariste Khris Burton dénonce une décision prématurée et affiche sa détermination : le projet continuera de vivre, porté par un public qui a fait de la série un véritable phénomène de société.

    Pas de saison 2 pour Bandi : « Pour nous, le projet ne s’arrête pas », affirme le co-scénariste Khris Burton
© Netflix - Membres de la famille Lafleur dans la série Bandi.

L'arrêt de Bandi par Netflix, malgré une percée mondiale très importante, suscite la stupeur chez les fans de la famille Lafleur et les équipes à la réalisation du show tourné en grande partie en Martinique.

La fin de la série, sortie il y a tout juste un mois jour pour jour, est désormais officielle, laissant un goût d'inachevé.

Lire aussi : « Y'avait, y'a plus » : pas de saison 2 pour la série Bandi indique Netflix

Khris Burton, co-scénariste martiniquais de Bandi, showrunner adjoint et invité du journal de 7 heures présenté par Clara Vincent sur RCI ce vendredi 8 mai, livre son analyse sur cette fin prématurée et sur l'avenir du projet.

"On s'était déjà préparés à une saison 2"

Interrogé sur le choc de cette nouvelle, Khris Burton révèle que l'équipe projetait déjà l'avenir de la saga :

On s'était déjà préparés à une saison 2, y compris au niveau de l'écriture. On avait d'ailleurs quasiment fini de l'écrire. On était simplement en train de vivre le lancement, car il faut rappeler que la série est sortie il y a à peine 30 jours. C'est une annonce assez précoce, sachant que les chiffres sont normalement analysés sur 90 jours. Nous n'en sommes qu'à un tiers du délai et on nous annonce déjà l'arrêt. Pour nous, c’est clairement une douche froide.

Un sentiment de traitement différencié

Sur la question des explications fournies par la plateforme concernant cette fin de collaboration, il pointe du doigt une certaine rigueur de Netflix :

On nous explique que les audiences sont insuffisantes au regard du budget. Mais au-delà de ça, on a l'impression qu'un traitement particulier est réservé à Bandi. C'est une première saison, sans acteur connu, et ce sont des paramètres qui auraient pu être pris en compte selon nous. La série a généré près d'un demi-million de réactions sur les réseaux sociaux et le public américain a réclamé une suite. Il est rare pour une série française d'intégrer le top US ; nous sommes arrivés septièmes sans stars et sans aucune communication aux États-Unis. Ces éléments auraient dû peser dans la balance, mais on constate qu’il ne suffit pas de performer quand on est une série ultramarine sur une plateforme, il faut surperformer.

"Il est hors de question d'abandonner"

À la question de savoir si une saison 2 reste envisageable sans le soutien du géant du streaming, le réalisateur se montre déterminé :

Après la réaction du public, si nous avions senti que l'accueil était tiède, nous nous serions dit qu'il n'était pas la peine de forcer. Mais là, on se rend compte que Bandi a son public et que la série ne nous appartient plus. Les comédiens ont vu leurs messages exploser. Pour nous, il est hors de question d'abandonner ou de s'arrêter parce qu'on nous ferme une porte. Eric Rochant a réussi son pari et la série est profondément martiniquaise. Et tout Martiniquais sait que lorsqu'on lui ferme une porte, il faut passer par la fenêtre. Nous continuons, c'est dans notre ADN et dans notre façon d'être : nous sommes combatifs. Pour nous, le projet ne s’arrête pas.

Un impact culturel indéniable

Le co-scénariste martiniquais rappelle également que Bandi a eu un impact sociologique majeur en Martinique, dans les Outre-mer et au sein même la Caraïbe 

En tant que Martiniquais, Bandi a réussi l'impensable. La saison 1 est toujours d'actualité et j'encourage d'ailleurs les gens à continuer de montrer à la plateforme que c'est une série appréciée. Elle a mis tout le monde d'accord, peu importe les tranches d'âge ou les origines sociales. La conversation a été fluidifiée autour des ultramarins : les Martiniquais, mais aussi les Guadeloupéens, les Réunionnais ou les Guyanais. Un fait intéressant en termes d'impact : le succès en Jamaïque a été aussi retentissant qu'en France. Il est touchant de voir comment cette histoire et ses personnages ont réussi à unifier toute une population. C'est pour cela qu'il est hors de question de s'arrêter.


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