Les points forts du second tour des municipales dans les Outre-mer

Par 23/03/2026 - 11:49 • Mis à jour le 23/03/2026 - 11:50

Ary Chalus battu en Guadeloupe, une première victoire LFI à La Réunion, pro et anti-Bougival comptent leurs forces en Nouvelle-Calédonie: voici ce qu'il faut retenir des municipales en Outre-mer.

    Les points forts du second tour des municipales dans les Outre-mer
Fort-de-France, dimanche 22 mars, après le second tour des élections municipales @Cédric Catan

Le second tour des élections municipales en Outre-mer, ce dimanche 22 mars, a confirmé plusieurs tendances fortes : une volonté de changements, percées politiques ou recompositions territoriales. 

En Nouvelle-Calédonie

Les Loyalistes et leurs alliés ont verrouillé le Grand Nouméa, où vivent les deux tiers des Calédoniens. Sonia Lagarde est réélue à Nouméa avec 61,99% des voix. Dumbéa, Le Mont-Dore et Païta suivent, toutes remportées par la branche dure des non-indépendantistes.

Ailleurs, le scrutin était placé sous le signe de l'accord de Bougival, dont l'examen s'ouvre mardi à l'Assemblée nationale. Le président loyaliste du gouvernement local Alcide Ponga est battu de justesse à Kouaoua, malgré une alliance avec les indépendantistes pro-Bougival du Palika.

À Koné, chef-lieu de la province Nord, une liste sans étiquette a créé la surprise et met fin à près de soixante ans de gestion indépendantiste. À Canala, le maire sortant UC-FLNKS Gilbert Tyuiénon s'incline face à une coalition soutenue par l'UNI pro-Bougival.

À Poindimié, Paul Néaoutyine, président de la province Nord opposé à l'accord, conserve en revanche le fauteuil qu'il occupe depuis 1989.

La bataille des chiffres a immédiatement commencé. Les Loyalistes et le député Nicolas Metzdorf notent que "plus de deux électeurs sur trois" ont soutenu des listes favorables à l'accord. L'indépendantiste Romuald Pidjot (UC-FLNKS) rétorque que "trois électeurs indépendantistes sur quatre" ont voté contre.

À La Réunion

La gauche réunionnaise a remporté de belles victoires. Emmanuel Séraphin, maire sortant de Saint-Paul à la tête d'une union de la gauche, est réélu avec 55,74% des voix. "Ce soir, c'est le paysage politique de La Réunion qui change", a-t-il déclaré.

Au Tampon, quatrième commune de l'île, la ville bascule à gauche pour la première fois depuis 1945 avec la victoire du candidat LFI Alexis Chaussalet. Distancé au premier tour, il profite d'une droite divisée pour s'imposer avec 45,29%, devant le maire sortant Patrice Thien Ah Koon.

À Saint-André, le maire sortant Joé Bédier frôle la défaite: 50,07%, soit 34 voix d'avance sur Laurent Virapoullé, soutenu par le RN. La droite résiste néanmoins dans ses bastions, notamment Saint-Pierre où David Lorion est réélu avec 56,01%.

Du côté de Mayotte

Seuls cinq maires sur les 17 de l'île ont été reconduits et d'anciens édiles signent leur retour aux manettes, dont celui de Koungou, deuxième commune de l'île. Saïd Ahamadi (DVG) s'impose avec 52,04%, 18 ans après avoir quitté la mairie.

À Dzaoudzi-Labattoir, l'ancienne préfecture, le maire sortant s'incline face à Freddy Novou (51,82%), soutenu par Les Républicains. Le maire sortant de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla (LR), avait été réélu dès le premier tour avec 60,90% des voix.

Le scrutin a été marqué par des contestations judiciaires. Selon Mayotte La 1ère, une enquête a été ouverte pour d'éventuelles procurations frauduleuses à Bouéni.

En Guadeloupe

Ary Chalus, président de la Région, perd son fief de Baie-Mahault, une des communes les plus dynamiques de l'archipel. Michel Mado (divers centre) l'emporte avec 54,83% dans une triangulaire face à Ary Chalus, condamné en mai 2025 à deux ans de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour dépenses de campagne illégales.

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L'essentiel des jeux avait été fait la semaine dernière. Aux Abymes, plus grande commune de l'archipel, Eric Jalton (DVG) avait été réélu tandis qu'à Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, unique maire écologiste des Antilles, avait conservé son siège avec 57,47%.

En Martinique

Le principal enjeu concernait Fort-de-France, où le parti fondé par Aimé Césaire était menacé. Didier Laguerre fera finalement un troisième mandat, vainqueur avec 50,10%. Il devance Steeve Moreau, candidat du mouvement né de la mobilisation contre la vie chère fin 2024, et l'indépendantiste Francis Carole.

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À l'issue du scrutin, la Martinique compte 12 nouveaux maires. Neuf communes sur 34 sont désormais dirigées par des femmes, trois fois plus qu'en 2020.

En Guyane

L'ancien député macroniste Lénaïck Adam, 34 ans, a été élu maire de Saint-Laurent-du-Maroni, deuxième ville de Guyane, avec 42,04% des voix. Il devance la maire sortante Sophie Charles et l'ancien ministre chiraquien Léon Bertrand, qui a dirigé la ville pendant 35 ans.

A Kourou, à la gestion étrillée par la chambre régionale des comptes, le maire sortant François Ringuet est battu dans une quadrangulaire par son ancien adjoint, Michael Rimane. A noter un nouvel échec des indépendantistes à Matoury, 3e ville de Guyane, où le maire sortant Serge Smock (DVG) est réélu.

En Polynésie

Les autonomistes ont renforcé leur domination. À Papeete, Rémy Brillant (SE), soutenu par l'historique maire sortant Michel Buillard, remporte une quadrangulaire (43,4%) face aux candidats des deux grands partis locaux et à l'ex-député indépendantiste Tematai Le Gayic, deuxième (23,3%).

Ailleurs dans l'arc polynésien, les autonomistes ont dominé le scrutin, le leader indépendantiste Oscar Temaru étant le seul rescapé de son camp, à Faa'a.


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