Un descendant d'une famille française de propriétaires d'esclaves présente des excuses publiques
C'est une première en France. Samedi, à Nantes, un descendant de colons esclavagistes a présenté ses excuses pour les actes de ses ancêtres, à l'occasion de l'inauguration d'un monument mémoriel nommé “mât de la fraternité”.
Pierre Guillon de Princé, 86 ans, issu d'une famille qui possédait des plantations à Saint-Domingue, a réalisé ce geste symbolique aux côtés du Martiniquais Dieudonné Boutrin, président de l'association “Coque Nomade Fraternité” qui avait organisé cet événement, dans une démarche de réconciliation.
Pour le militant associatif et antiraciste, c'est une responsabilité sociétale
Je n'arrive pas à imaginer qu'il n'y avait personne d'autre. Je sens bien qu'il y a une injustice flagrante commise à travers ces peuples qui nous vaut de subir le racisme. Ce n'est pas agréable d'être dans une société où les gens s'opposent. Donc, ça me paraît important de corriger cette injustice.
Conscient de son histoire familiale, Pierre Guillon de Princé a accompli ce travail mémoriel pour sensibiliser ces petits-enfants avant de s'engager avec l'association Coque Nomade Fraternité dans une démarche de justice réparatrice qui passe inévitablement par la reconnaissance du passé par le plus grand nombre.
Tout seul, je ne suis pas crédible, ce n'est pas suffisant. C'est toujours la même chose à partir du moment où on parle, on se comprend
"Nous sommes responsables du futur"
Justement, à côté du président de l'association, le Martiniquais Dieudonné Boutrin, président de Coque Nomade Fraternité. Les deux hommes ont lancé la Fédération internationale des descendants de l'histoire de l'esclavage pour encourager à cette prise de parole.
Pierre n'est pas responsable du passé. Moi, je n'ai pas été esclave. Blanc, noir, nous avons hérité d'une histoire dont nous ne sommes pas responsables. Il faut un moment qu'on soit autour de la table pour discuter. Pour moi aussi, je m'adresse aux békés : Vous n'êtes pas responsable du passé. Par contre, on est responsable du présent et du futur. Si nous sommes intelligents pour réfléchir à une réconciliation où tout le monde peut aller vers l'apaisement et le bien vivre ensemble, on aura tout gagné.
Le chemin sera long, mais symboliquement, déjà samedi, les deux hommes ont joint leurs mains devant le mât de la fraternité inaugurée à Nantes, avec l'espoir que d'autres les imiteront ailleurs.







