Paris commémore la Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage au Jardin Jacques Martial
La Ville de Paris et le Comité de la Marche du 23 Mai 1998 (CM98) ont célébré la journée du 23 mai au jardin Jacques Martial. Un moment fort marqué par le devoir de responsabilité envers les descendants et la volonté de transmettre cette histoire aux jeunes générations.
La Ville de Paris a choisi le jardin Jacques Martial pour accueillir la commémoration nationale des victimes de l’esclavage colonial.
Un choix hautement symbolique : inauguré en mars 2026, ce lieu abritera dès 2027 le futur Mémoriel national dédié à cette mémoire, un projet porté de longue date par Jacques Martial lui-même.
Un choix hautement symbolique
De nombreuses personnalités, élus et citoyens ont fait le déplacement pour l’occasion.
À l'origine de cette journée, on retrouve le Comité de la Marche du 23 mai 1998 (CM98). Son président, Emmanuel Gordien, a tenu à rappeler la portée historique et politique de cette date :
On est venu ici pour préparer le terrain. On voulait dire à l'État : "vous faites une erreur en ne commémorant pas le 23 mai". Cette date est une date essentielle. Quand il y a un crime contre l'humanité commis par la France, c'est d'abord les victimes qu'on doit honorer. C'est un mouvement qui est extrêmement important, qui exprimait cette blessure sacrée qu'ont ces populations.
« La culpabilité n'est pas héréditaire »
Chants, dépôts de gerbes et minute de silence ont rythmé la cérémonie, à laquelle participaient notamment le Maire de Paris et la ministre des Outre-mer, Naima Moutchou. Cette dernière a insisté sur la nécessité de regarder vers l'avant tout en honorant le passé :
J'ai tenu à adresser un message d'avenir. Je crois qu'il faut qu'on soit toutes et tous liés par un moment d'histoire qui a été celui que nous connaissons. Mais comme le dit Christiane Taubira, la culpabilité n'est pas héréditaire. En revanche, on a un devoir de responsabilité vis-à-vis des descendants d'esclaves, de ce qu'ont été leurs aïeux. C'est quelque chose qu'il ne faut jamais oublier. Je crois que c'était important. C'était l'occasion de le redire aujourd'hui, mais surtout maintenant, il va falloir avancer.
Une démarche pédagogique
Pour donner un aperçu du futur mémoriel, le CM98 a exposé les noms d'anciens esclaves originaires de nos territoires d'outre-mer. Une initiative qui s'inscrit dans une démarche pédagogique au long cours, comme l'explique Dorothée Josely, vice-présidente de l'association :
Ça ne va pas s'arrêter avec le mémoriel. On va continuer d'informer, d'aller rencontrer les élèves dans leurs écoles, d'aller discuter avec les collégiens, les quatrièmes, comme on l'a fait toute cette semaine dans les différentes communes d'Île-de-France où on a été invités à le faire.







