La cour d'appel de Montpellier reconnaît le caractère raciste de l'agression de Hans Nomertin

Par 16/06/2026 - 10:47 • Mis à jour le 16/06/2026 - 14:17

Quatre ans après les faits, la cour d'appel de Montpellier a reconnu le caractère raciste de l'agression du Guadeloupéen Hans Nomertin, tabassé en 2022 lors d'une fête de village dans l'Hexagone. Une première instance avait écarté cette qualification.

    La cour d'appel de Montpellier reconnaît le caractère raciste de l'agression de Hans Nomertin

Quatre ans après, les faits sont enfin reconnus. La cour d'appel de Montpellier a admis le caractère raciste de l'agression du Guadeloupéen Hans Nomertin. 

Le Guadeloupéen avait été tabassé avec un de ses amis mahorais par une foule en délire, sur la base d'accusations infondées, lors d'une fête de village à Verzeille, dans le sud de l'Hexagone, en juillet 2022. En première instance à Carcassonne, en septembre 2024, le tribunal avait refusé d'examiner la thèse raciale, mais il a finalement été contredit en appel dans la décision rendue ce lundi 15 juin.

Il aura fallu attendre près de quatre ans et aller jusqu'en appel pour que la justice reconnaisse, dans cette affaire, la « provocation à la haine à raison de l'origine ou de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race ». Comme le révèlent nos confrères de France 3 Occitanie, dans la décision rendue ce lundi, la juridiction montpelliéraine a donné raison à Hans, à l'association La Maison des Potes qui l'accompagne dans ce procès (même si cette dernière a été déboutée dans sa demande de constitution de partie civile), ainsi qu'à leur avocat.

Des propos racistes lors des faits

Il faut dire que les mots prononcés ce soir de juillet 2022 étaient confondants : « C'est les noirs » ou encore « Tuez-le ».

Pourtant, le parquet, comme le tribunal correctionnel de Carcassonne, avait choisi d'écarter le motif raciste en première instance, ne condamnant les trois prévenus, dont un élu du village, qu'à des peines de 12 à 18 mois avec sursis, des amendes et des dédommagements. 

Déçus, Hans et la Maison des Potes avaient fait appel sur les intérêts civils, en espérant convaincre la juridiction montpelliéraine d'aller plus loin sur ce sujet du racisme.

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Une affaire qui n’est pas close

L'association, que nous avons contactée, salue ce mardi 16 juin « une grande victoire ». Dans l'avis qu'a pu consulter RCI, en plus des peines initiales qui ont été confirmées, l'un des trois prévenus, reconnu coupable d'avoir prononcé la phrase « c'est les noirs qui piquent » a été condamné à verser 5000 euros de dédommagement à Hans pour le préjudice morale subi au titre de la provocation à la haine envers un groupe en raison de son origine ou de son appartenance raciale. La thèse raciste est donc admise, et ce n'est peut-être qu'un début. 

En parallèle, depuis fin janvier, une autre procédure a été ouverte par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier, pour faire comparaître les autres participants au lynchage qui n'avaient pas été inquiétés lors du premier procès à Carcassonne.


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