Procès d'Ary Chalus : le président de la région Guadeloupe veut « sortir de la politique »

Par 26/06/2026 - 06:30 • Mis à jour le 26/06/2026 - 08:25

À l'issue de deux jours d'audience au tribunal judiciaire de Paris, le président de la région Guadeloupe Ary Chalus a laissé entrevoir une possible sortie de la vie politique. Avant les réquisitions du parquet national financier attendues lundi, les parties civiles ont réclamé essentiellement le remboursement du préjudice.

    Procès d'Ary Chalus : le président de la région Guadeloupe veut « sortir de la politique »
Ary Chalus au tribunal de Paris, jeudi 25 juin 2026 @Nicolas Ledain

Deux jours après l'ouverture du procès pour utilisation irrégulière de son indemnité représentative de frais de mandat, Ary Chalus est apparu visiblement éprouvé à l'issue des débats. S'il reconnaît des erreurs dans la gestion de ses frais de mandat, il ne s'en dit pas moins serein :

Quoi qu'il m'arrive demain, je suis bien dans mon cœur.

Il assure par ailleurs ne pas avoir agi par appât du gain :

Je ne cours pas derrière l'argent.

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Un prévenu qui se sent aussi victime

Acceptant de rembourser les dépenses non conformes, l'ancien député-maire reproche néanmoins à l'Assemblée nationale de ne pas avoir clairement expliqué les règles et d'avoir autorisé plusieurs de ses dépenses. 

Une position rejetée par l'avocat de l'institution, Antoine Marchand, qui a déploré dans sa plaidoirie l'absence d'excuses du prévenu. L'Assemblée nationale, comme la commune de Baie-Mahault, réclament toutefois uniquement le remboursement du préjudice. L'avocat de Baie-Mahault, Ludovic Dufour, est allé plus loin en plaidant pour une relaxe sur le volet atteinte à la probité, estimant que la condamnation nuirait à l'image d'un élu qui a marqué l'histoire de la commune.

À la barre, Ary Chalus a également laissé entendre qu'il aurait été ciblé :

Tous les parlementaires le faisaient. Quand je vois que d'autres personnes ne sont pas devant vous, je me demande pourquoi.

Une posture de victime que regrette l'avocate d'Anticor, Camille Tohier-Desclaux, qui espère une sanction pour avoir brisé la confiance des citoyens envers les institutions.

"Je veux sortir de la politique"

Face au tribunal, le président de Région a annoncé :

Ce procès tournera une page. Je veux sortir de la politique. 

Les réquisitions du parquet national financier sont attendues lundi 29 juin, suivies des plaidoiries des avocats d'Ary Chalus et de sa fille, avant une probable mise en délibéré à une date ultérieure. Par ailleurs, ni l'élu ni ses avocats n'ont souhaité s'exprimer en marge du procès.


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