Trois entreprises sont autorisées à produire du compost avec des sargasses

Par • Mis à jour le 28/06/2018 - 10:58

Trois entreprises martiniquaises ont l'autorisation de produire du compost avec des sargasses. Du compost qui peut déjà être commercialisé.

    Trois entreprises sont autorisées à produire du compost avec des sargasses

Les recherches et les expérimentations se poursuivent pour savoir quoi faire des dizaines de tonnes qui sargasses qui s'échouent sur nos côtes.

L'une des pistes privilégiées consiste à transformer les algues brunes en compost. Une transformation particulièrement surveillée puisqu'il a été révélé que les sargasses contiennent de l'arsenic, des métaux lourds et surtout du sel de mer qui brûle les sols. La Direction de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Forêt a d'ailleurs déconseillé l'utilisation directe des sargasses de manière prolongée comme engrais agricole.

Pourtant trois entreprises ont été autorisées à produire du compost à base de sargasses. Il s'agit de la société Holdex au François, Idex au centre de valorisation organique du Robert et la Société Martiniquaise des Eaux à Ducos. Elles incorporent des algues sargasses dans leur compost à base de bagasse, de déchets verts ou de boue d'épuration.

Accompagnées par l'Ademe dans le cadre d'un appel à projet, la production de ces entreprises est très surveillée assure la DEAL. "Elles ont des arrêtés préfectoraux. Elles ont été suivies par l'ADEME pour faire l'expérimentation d'incorporer des algues sargasses dans leur recette de compost. Il ne s'agit pas d'une originalité Holdex. Là où il y a confusion, c'est que en parallèle de cette incorporation de sargasses, l'entreprise a sollicité des aides pour son extension. Tous les lots de compost qui sortent sont analysés notamment leur teneur en métaux lourds et en arsenic", explique Nicolas Fourrier, Chef du service Risque Energie Climat à la DEAL.

Une partie de ce compost est déjà commercialisé. Il peut contenir jusqu'à 10% de sargasses.

Une démarche soutenue par la préfecture. Dans une plaquette diffusée hier sur sa page facebook la préfecture déconseille l'utilisation directe des sargasses sur les sols. "Les sargasses brutes fraîches ou stockées pendant un moment avant leur épandage n'ont pas d'effet fertilisant", peut on lire. Plus que les métaux lourds, c'est la forte teneur en sel des sargasses qui les rend dangereuse à long terme pour nos sols selon les services de l'Etat.

Un programme d’études et de recherches mené par les acteurs locaux, l’Université des Antilles et le CNRS pour mieux comprendre l’origine, la prolifération et à terme la valorisation des sargasses est en cours de lancement. Il s'agit du programme Ecosar. La société Holdex a l'obligation de contribuer aux recherches scientifiques sur les sargasses.