[PORTRAIT] Anne-Sarah Monlouis, la plus jeune céramiste de Martinique, pétrie de passion depuis l'âge de 6 ans
À 24 ans, Anne-Sarah Monlouis est la plus jeune céramiste de Martinique. Présente au marché des potiers des Trois-Îlets ce week-end, elle incarne une transmission vivante d'un savoir-faire ancestral, qu'elle réinvente sous sa marque Mézon Wouj.
Le savoir-faire des potiers martiniquais était à l’honneur ce samedi 27 et dimanche 28 juin aux Trois-Îlets. Le Village de la poterie a accueilli la deuxième édition du marché des potiers et des métiers de l'argile.
Au total, une douzaine d'artisans étaient réunis pour présenter leurs créations et faire découvrir un patrimoine vivant. Parmi eux, Anne-Sarah Monlouis, jeune martiniquaise de 24 ans, plus jeune céramiste de Martinique.
Attirée par la poterie depuis toujours
C'est presque par hasard qu'Anne-Sarah a croisé la route de la poterie, un jour où elle se baladait dans les couloirs de l'école.
Ma sœur faisait du piano et pendant qu'elle faisait ses cours, moi j'aimais bien me balader dans l'école et regarder ce qui se passait. Et apparemment, je restais énormément dans l'atelier de poterie avec madame Jacqueline Haustant. Ma mère m'a inscrite dès l'âge de six ans et je n'ai pas arrêté depuis.
Douze années de pratique plus tard, Anne-Sarah a affiné son approche:
Moi, je n'étais pas trop vers le tour, je n'aimais pas trop le tour. J'étais plus dans la modélisation et comme j'aimais énormément la bijouterie, tout ce qui sort des mains, qui est fait avec les mains, je me suis dit pourquoi pas associer les deux.
Sa marque, intitulée Mézon Wouj
Sous sa marque Mézon Wouj, elle propose bijoux, magnets de yoles rondes en terre cuite, mais aussi des reproductions de maisons créoles, un choix qui porte aussi un message :
J'ai choisi de représenter des maisons créoles ou des cases créoles qui sont généralement en bois, les maisons traditionnelles qu'on retrouve en Martinique, parce qu'elles ont tendance à disparaître. À chaque fois qu'on en voit, elles sont abandonnées, fermées, il n'y a personne dedans. Je trouve ça triste. Du coup, j'ai choisi de les représenter.
À moyen terme, la jeune créatrice espère faire l'acquisition d'un four spécialisé, première étape vers son propre atelier de création.
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