[Série - Trésors en commune] La Roche à Bon Dieu, mémoire des premiers Martiniquais
[EPISODE 10/34] Durant les grandes vacances, la rédaction de RCI vous emmène à la (re)découverte de la Martinique à travers sa série « Trésors en commune » : chaque jour, du lundi au vendredi, cap sur une commune différente pour découvrir un lieu ou une activité qui vaut le détour. Pour ce dixième épisode, direction Macouba.
Parmi les maisons de cette petite cité se trouve un vestige archéologique exceptionnel. Il suffit d'emprunter un petit sentier pour découvrir la Roche à Bon Dieu, un polissoir utilisé par les Amérindiens pour façonner leurs outils.
C’est l'un des vestiges archéologiques les mieux conservés de l'île et pourtant il reste encore méconnu du grand public.
Seul archéologue martiniquais en exercice, Matthieu Ecrabet replace d'abord le site dans son environnement d'origine.
Aujourd'hui, on voit qu'il y a une petite ravine qui passe à côté de la Roche à Bon Dieu. On peut imaginer que, des siècles voire des millénaires en amont, il y avait sûrement une rivière ou un ancien lit de rivière qui passait ici. On sait que les Amérindiens installaient leur polissoir à côté de la rivière, puisqu'il y avait toujours une source d'eau à proximité, pour la pêche comme pour leur consommation de tous les jours.
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Un héritage amérindien encore bien vivant
Les rainures creusées dans la roche sont discrètes, mais elles témoignent de la présence de ces premiers habitants de l'île, il y a plus de 2 000 ans. Un héritage que l'on retrouve aujourd'hui jusque dans notre langue, sans même que l'on s'en rende compte.
Ajoupa, Carbet, Colibri, Coulirou, même le mot ravet : ce sont des mots amérindiens. En fait, vous parlez tous les jours amérindien sans même le savoir.
Une culture qui, selon l'archéologue de Cap Nord, reste encore trop souvent méconnue, alors qu'elle a profondément façonné la Martinique et la Caraïbe.
C'est important de valoriser ce patrimoine amérindien, parce que c'est un héritage. Ces premières populations, arrivées sur l'île il y a plus de 2 000 ans, nous ont légué beaucoup de choses que ce soit dans la gastronomie, dans la langue, dans ces vestiges et cette culture qui paraît invisible mais qui reste bien visible, notamment à travers certains vestiges marquants. C'est surtout pour montrer que cet héritage est très présent en Martinique, mais aussi dans toute la Caraïbe.
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Pour mieux transmettre cet héritage, Matthieu Ecrabet pilote aujourd'hui le projet phare de Cap Nord : Vivé, le parc caribéen de la vie amérindienne. Situé au Lorrain, ce parc archéologique de 22 hectares accueillera un village amérindien entièrement reconstitué. Un projet estimé à 35 millions d'euros qui devrait voir le jour dans les prochains mois.
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