Des serpents découverts dans un congélateur suscitent l'intérêt d'un chercheur du centre national de la recherche scientifique
Des centaines de trigonocéphales ont été retrouvés conservés dans un congélateur à Fonds-Saint-Denis, selon une consultation publique de la DEAL publiée le 22 juin. Le scientifique Anthony Herrel souhaite désormais les étudier au Muséum national d'histoire naturelle.
C’est une découverte étrange. Des centaines de trigonocéphales ont récemment été retrouvés conservés dans un congélateur à Fonds-Saint-Denis. C'est une consultation publique de la DEAL de Martinique, publiée le 22 juin dernier, qui a révélé l'existence de cette collection de reptiles, conservés pour des raisons encore inconnues.
Selon ce document, ces trigonocéphales auraient été découverts lors d'une mission de terrain.
Afin de les valoriser scientifiquement, ces serpents pourraient être étudiés par Anthony Herrel, chercheur au centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a proposé de les transporter jusqu'au Museum national d'histoire naturelle. Le trigonocéphale étant une espèce protégée, une demande de dérogation a été déposée pour autoriser ce transport vers Paris. Les résultats de la consultation publique, clôturée le 6 juillet, n'ont pas encore été rendus publics.
Une espèce dont on ignore presque tout
Pour Anthony Herrel, directeur de recherche au CNRS, étudier ces spécimens représente une occasion précieuse d'en apprendre davantage sur cette espèce, et contribuerait à mieux la protéger :
J'ai fait des recherches dans la bibliographie, dans la littérature. Vraiment, j'ai cherché partout. Sur l'espèce de Martinique, il n'y a rien. On ne connaît rien. Personne n'a jamais regardé. Par exemple, qu'est-ce qu'il mange ? On ne sait pas ce que mange le trigonocéphale. On ne sait pas quand il se reproduit.
Habituellement, ce type d'étude nécessiterait de sacrifier des animaux vivants, une pratique exclue. La mort naturelle de ces spécimens offre ainsi, selon lui, une opportunité rare :
Normalement, c'est compliqué parce qu'on ne va pas tuer les bêtes pour regarder ce qu'ils mangent. Mais là, comme ils sont morts, c'est une opportunité unique de regarder ça. Je pense que ça vaut le coup parce que c'est vraiment une espèce endémique, unique, insulaire. Et il n'y en a pas tant que ça.
Une visite avant tout transfert
Si le projet est autorisé, Anthony Herrel prévoit dans un premier temps de se rendre en Martinique pour étudier les spécimens sur place. Le chercheur reconnaît n'avoir aucune explication sur les raisons ayant conduit à la conservation de ces serpents dans un congélateur. Il précise l'origine de sa démarche :
J'ai entendu parler de ces animaux qui étaient quelque part dans un congélateur par un collègue avec qui je travaille. Moi, je n'avais même pas l'information sur exactement combien d'individus il y avait. Il m'a posé la question : est-ce que ça pourrait t'intéresser ? Parce qu'il savait que dans le passé, j'avais déjà travaillé sur des vipères.
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