Sargasses, sécheresse, eau, violence… Le préfet de Guadeloupe dresse un bilan « difficile »

Par 24/07/2026 - 10:50

Thierry Devimeux était en direct dans le journal de 7 heures de RCI ce vendredi 24 juillet. Il a répondu aux questions de la rédaction sur l'eau, les sargasses, les difficultés du BTP, la sécheresse et la délinquance.

    Sargasses, sécheresse, eau, violence… Le préfet de Guadeloupe dresse un bilan « difficile »
Thierry Devimeux, préfet de la Guadeloupe - Archive RCI

La situation reste inquiétante. Le préfet de région, Thierry Devimeux a fait le point sur les grands chantiers de la Guadeloupe. Des problématiques, qui impactent quotidiennement la population, sans solutions durables.

Il était en direct dans le journal de 7 heures de RCI, ce vendredi 24 juillet. 

Des restrictions d'eau

Actuellement, la Grande-Terre est placée en alerte sécheresse, une situation qui demande à chacun de limiter sa consommation d'eau :

Il y a des restrictions d'eau qui s'appliquent pour les particuliers. On ne peut pas arroser son jardin la journée, on ne peut plus laver sa voiture, etc. Il y a des restrictions qui s'appliquent aussi aux professionnels. On demande aux industriels de baisser leur consommation d'eau et on demande aux agriculteurs de faire attention dans l’irrigation.

À LIRE AUSSI La Guadeloupe et la Martinique frappées par une double crise de l'eau, entre sécheresse et pollution

Pour le secteur agricole, confronté à de nombreux problèmes, cette sécheresse impacte sévèrement l'activité. Le préfet estime avoir bien compris la mesure du problème :

Ceci dit, pour ces éleveurs que j'ai rencontrés, j'ai mis en place la cellule qui va permettre de regarder si les conditions sont réunies pour classer le département en calamité agricole et permettre d'indemniser ces éleveurs. J'ai signé d'ailleurs devant eux, pour leur montrer notre détermination, l'arrêté qui va permettre d'enclencher ce dispositif. Il faudra faire évoluer le dispositif pour les autres saisons.

Des arrivages de sargasses « extrêmement massifs » 

Concernant les sargasses, on parle d'urgence sanitaire avec des arrivées massives, à Marie-Galante et à Petit-Bourg par exemple étant fortement touchée. Les riverains parlent d'ailleurs de « calvaire sanitaire » avec les odeurs et les mouches. 

Pour le préfet, les arrivages de sargasses restent difficiles à résoudre face à leur grande quantité :

Les moyens financiers sont là. Les moyens humains sont là aussi. C'est parfois compliqué. On demande tous les mêmes entreprises au même moment pour faire les mêmes choses. Donc, parfois, il faut arriver à répartir les savoir-faire. C'est aussi une question de nombre de pelleteuses, de nombre de bulldozers, de capacités d'entreprises à faire. Mais les moyens financiers sont là, les communes sont complètement mobilisées. C'est vrai que cette année, l'arrivée de sargasses est extrêmement massive.

Il reconnaît que les moyens sont limités, mais certains dispositifs existent déjà :

Par exemple, nous avons déployé sur tout le territoire de la Guadeloupe des appareils qui permettent de mesurer l'émanation des gaz produits par les sargasses et, lorsque les seuils d'alerte sont déclenchés, de demander à la population de se déplacer, au moins temporairement, pour ne pas être exposée à la production importante de gaz d'anhydride sulfureux.

Une crise de l'eau qui dure

Concernant la crise de l'eau, la situation reste tout aussi difficile à maîtriser. La Chambre régionale des comptes parle d'une situation « catastrophique », avec un déficit de 57,5 millions d'euros. 

L'ancien syndicat, le SIAEAG, avait déjà été liquidé, mais le nouveau syndicat, le SMGEAG, est déjà au bord du gouffre.

Je ne crois pas qu'une mise sous tutelle change les choses. Ce qui compte, c'est une mobilisation générale autour de ce sujet. Jusqu'à maintenant, je constatais que le SMGEAG se débattait un petit peu tout seul avec ces difficultés. Or, les questions d'eau et d'assainissement sont des sujets qui concernent tous les Guadeloupéens, donc toutes les collectivités. Et le congrès des élus qui a été réuni le 24 juin dernier, à l'initiative du président du Conseil départemental, a été une très belle initiative. Il faut que nous changions d'échelle, il faut que nous nous mobilisions tous pour arriver à régler cette difficulté.

À LIRE AUSSI Congrès de l’eau : ce qu’il faut retenir des résolutions votées par les élus de Guadeloupe

D'autres sujets abordés

Le préfet est aussi revenu plus en détail sur la distribution de l'eau, la crise du BTP, la sécurité et la violence qui continue de sévir en Guadeloupe. Retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le journal d'Isabelle Hamot de 7h, ce vendredi 24 juillet.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags