[Série 3/5] Trafic d’armes en Guadeloupe : comment est encadrée la vente d’armes légale ?
Toute la semaine, la rédaction de RCI Guadeloupe s’intéresse à la circulation des armes à feu et ses conséquences au sein de l'Archipel. Ce troisième volet s’intéresse à ceux qui les vendent légalement : les armuriers.
L’arme est souvent l’objet de fantasmes, pourtant l’acquisition légale d’un pistolet ou d’un fusil n’est pas chose aisée. Dans les DOM-TOM comme en France hexagonale, la vente d’armes est très encadrée, comme l’explique Jean-Christophe, spécialiste en armurerie au sein de la société Levalois Service, à Jarry :
Pour acheter une arme, il faut impérativement faire partie d'un club de tir, ou avoir un permis de chasser. Pour les catégories B, il faut avoir une licence de tir et faire plus de six mois de club, pour pouvoir faire l'acquisition. Il faut aussi obtenir un numéro SIA en préfecture.
Afin d’obtenir une autorisation, l’acquéreur doit remplir des critères stricts, notamment au niveau de la personnalité, c’est pourquoi les autorités vont mener trois enquêtes :
Il y a des enquêtes de voisinage, des enquêtes de moralité, une vérification que la personne n'a pas de casier judiciaire, et qu’elle possède un coffre-fort sécurisé à son domicile. On est un peu physionomiste, on ne laisse pas entrer quelqu’un à l’armurerie, en fonction de son allure. Même au niveau du stand de tir, on sélectionne les gens qui vont venir prendre une licence au club.
Les armureries pointées du doigt
Dans un contexte de violence armée en Guadeloupe, il arrive parfois que les armuriers, mais aussi les tireurs sportifs, soient pointés du doigt :
Une arme, peut être laissée chargée sur un bureau, elle ne tuera jamais personne. C'est un moyen mécanique et pyrotechnique de projeter un projectile. On a des championnats du monde de tir sportif. C'est une discipline qui est quand même assez répandue. Nos plus grosses ventes sont des armes de loisirs, de catégorie C ou D.
Les prix
Autre variable à prendre en compte, le prix. Il varie en fonction de plusieurs facteurs : la marque, la catégorie, le nombre d'exemplaires fabriqués ou encore la précision :
On démarre en moyenne à 600 € et il n'y a pas de limites. Ça peut aller jusqu'à 35 000 € et ça monte très vite. On a très peu de stocks, on fait surtout des commandes pour des particuliers.
À noter que les armes vendues sont identifiables, en raison de leur circulation, afin de pouvoir déterminer leur provenance.
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