[Série 2/5] Trafic d’armes en Guadeloupe : "il y a cette facilité à tirer sur les gens", le regard d'un criminel repenti

Par 28/01/2026 - 15:57 • Mis à jour le 28/01/2026 - 16:03

Toute la semaine, la rédaction de RCI Guadeloupe s’intéresse à la circulation des armes à feu et à ses conséquences au sein de l'Archipel. Pour ce deuxième volet, Andrès (prénom d’emprunt), un ancien criminel, analyse la circulation des armes en France hexagonale, par rapport à la Guadeloupe.

    [Série 2/5] Trafic d’armes en Guadeloupe : "il y a cette facilité à tirer sur les gens", le regard d'un criminel repenti

Andrès (prénom d’emprunt), est un ancien criminel, aujourd’hui en retrait. Dans le cadre de cette série, il s'est livré à une analyse pour comparer les filières clandestines d’armes en France hexagonale et en Guadeloupe. Selon lui, les circuits des armes sont différents, mais également leur utilisation. 

Concrètement, selon Andrès, le rapport aux armes sur l’archipel est plus immédiat et les prix d’achat plus avantageux : 

La difficulté est la même, mais les prix peuvent être bradés, parce que les îles aux alentours de la Guadeloupe sont en guerre constante. Que ce soit des conflits armés, des gangs, ou des guerres civiles. C'est plus facile de brader les prix, parce que les groupes armés ont besoin d'oseille tout de suite. En France, les armes sortent de Serbie, de Bosnie, des Balkans, des pays qui étaient en guerre dans les années 90, 2000. Ce sont des armes qui sont « coffrées » par les vieux du village ou par les trafiquants d'armes. 

Un rapport aux armes qui s’explique également par la situation sociale en Guadeloupe : 

La Guadeloupe est laissée à l'abandon, clairement. Il y a l’influence de la culture du meurtre aux États-Unis, dans les îles alentours et en Amérique du Sud. Il y a cette matrice qui rentre en jeu. Alors qu'en France, on n'a pas ça. Ici, ils sont tout le temps armés. Si tu as des boucles d'oreilles en or, ou une chaîne en or, c'est comme si tu te baladais avec des billets plein le cou. Et en plus, il n'y a pas de caméras.

Une violence banalisée 

Andrès alerte également sur une violence armée, banalisée en Guadeloupe, où une simple résistance à un vol peut entraîner des conséquences dramatiques : 
 

En Guadeloupe, en cas de braquage, il y a un vrai risque de tuer quelqu’un. Encore plus si la personne refuse de donner ce qu’elle a. Il y a plus cette facilité à tirer sur des gens, qui veulent récupérer ce qui leur revient de droit. Par exemple, j’ai déjà braqué quelqu’un qui ne voulait pas donner ses affaires, à la limite on va le frapper, mais ici, on peut te tuer.

Aujourd’hui, Andrès, est rentré en Guadeloupe pour « se mettre au vert ». La peur de mourir, ou de finir en prison, l’a poussé à sortir de la délinquance. Il partage désormais ce message à la jeunesse : « Le jeu n’en vaut pas la chandelle ».

Ecoutez le deuxième volet de notre série consacrée au trafic d'armes en Guadeloupe. Le reportage de Lovely Paran :

Notre série de reportages sur le trafic d'armes en Guadeloupe est à retrouver en cliquant ici

Episode 1[SÉRIE 1/5] Trafic d'armes en Guadeloupe : des acteurs du milieu témoignent 


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