Accord signé entre la Région, l'INRAE et le Cirad pour la souveraineté alimentaire et économique de la Guadeloupe

Par 26/02/2026 - 16:44 • Mis à jour le 26/02/2026 - 16:56

À l'occasion du Salon de l'Agriculture 2026, la Région Guadeloupe a scellé un partenariat stratégique, financé à hauteur de 17 millions d'euros, avec l'INRAE et le Cirad. Cet engagement massif pour la souveraineté alimentaire s'accompagne d'une forte ambition des producteurs locaux, déterminés à porter les saveurs antillaises vers de nouveaux marchés.

    Accord signé entre la Région, l'INRAE et le Cirad pour la souveraineté alimentaire et économique de la Guadeloupe
© INRAE - Harry Archimède (gauche), Marie-Luce Penchard (au centre) et Elisabeth Claverie (D)

La Région Guadeloupe a signé ce jeudi 26 février une convention de partenariat avec le Cirad (Centre international en recherche agronomique pour le développement), et l'INRAE (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement), à l'occasion du Salon de l'Agriculture 2026 à Paris.

Celui-ci s'inscrit dans le défi de souveraineté alimentaire de l'archipel. Ces instances de recherche collaboreront pour faire émerger des solutions face au changement climatique mais également aux défis environnementaux, sanitaires et de rentabilité économique.

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17 millions d'euros pour moderniser l'agriculture locale

L'objectif : améliorer la rémunération et l'attractivité des filières agricoles locales. Cette convention sera financée à hauteur de 17 millions d'euros par des fonds européens.

Pour Marie-Luce Penchard, deuxième vice-présidente de la Région Guadeloupe, ce partenariat est avant tout un levier pour redonner confiance aux acteurs du monde agricole :

Il s'agit d'aborder toutes les problématiques liées à la résilience, au maintien de notre production et à la diversification vers des filières à haut potentiel. Nous avons par exemple tenu une conférence démontrant qu'il est possible de diversifier l'activité agricole autour de la canne, offrant ainsi aux agriculteurs un revenu complémentaire et une garantie minimale. Au-delà de ces enjeux, la question de la restitution des résultats est essentielle pour rassurer les producteurs et les porteurs de projets. Il faut les encourager à s'installer et à croire en l'avenir de la Guadeloupe grâce à une agriculture moderne qui évolue différemment. Une véritable symbiose et une collaboration étroite avec l'INRAE et le Cirad sont indispensables pour avancer sur ces sujets et assurer enfin un bel avenir à l'agriculture sur notre territoire, particulièrement en Guadeloupe.

L'exportation du chocolat "Renée" dans le monde

L'ambition antillaise s'illustre au Salon de l'Agriculture de Paris. En-dehors des filières locales, plusieurs producteurs de nos îles veulent profiter de l'exposition que leur offre ce rendez-vous à la Porte de Versailles pour rêver grand et exporter les trésors de nos îles au national, voire à l'international.

C'est le cas notamment de “Renée”, enseigne bien connue des Guadeloupéens qui espère durablement ancrer son chocolat épicé en brique dans les habitudes de consommation Outre-Atlantique, en France, mais aussi au Royaume-Uni où le produit sera très prochainement proposé en ligne. Diane Reynaud, responsable développement de l'entreprise familiale :

L'objectif est de pouvoir s'installer durablement sur l'ensemble du territoire hexagonal. Aujourd'hui, nous nous appuyons sur notre présence sur Amazon pour couvrir la France, et bien que nous commencions à être disponibles en grande distribution, il reste un important travail de fond à mener. Il ne s'agit pas seulement de faire goûter le chocolat Renée ponctuellement, mais de multiplier les opérations comme le Salon de l'agriculture pour rencontrer les consommateurs, les écouter et intégrer pleinement leurs habitudes de consommation de manière générale. Je suis très fière de porter ce produit et cette culture antillaise au-delà de notre île de la Guadeloupe, afin de promouvoir un savoir-faire ultramarin avec une fierté sans limites.

L'ambition de l'entreprise "Cann'Elie"

L'ambition antillaise s'illustre au Salon de l'Agriculture de Paris. En-dehors des filières locales, plusieurs producteurs de nos îles veulent profiter de l'exposition que leur offre ce rendez-vous à la Porte de Versailles pour rêver grand et exporter les trésors de nos îles au national, voire à l'international.

C'est le cas de “Cann'Elie”, entreprise martiniquaise qui rêve de démocratiser le jus de canne à sucre sur le territoire hexagonal et continental. Élie Gomba s'est confié sur ses objectifs lors de ces dix jours dans la capitale :

Il s'agit d'un produit encore méconnu que nous valorisons grâce à une petite machine homologuée permettant au client de presser son jus de canne brute à la minute. C'est une véritable découverte pour les consommateurs qui associent déjà la Martinique et les Antilles au rhum ou au sucre alors que nous leur proposons le jus de canne qui est la base de tous ces produits. En Martinique, nous disposerons très bientôt d'une usine d'ici 2027 pour proposer du jus de canne pur ou utilisé comme sucre naturel pour d'autres boissons. Nous collaborons déjà avec des embouteilleurs et des distributeurs avec l'ambition de devenir le numéro un en Europe. Nous progressons sereinement pour devenir, d'ici trois ou quatre ans, le numéro un mondial du jus de canne à sucre. C'est un véritable honneur pour moi de valoriser ce produit qui reste selon moi trop peu exploité.


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