Corps évacués des pompes funèbres au Gosier : la réaction du gérant de l'établissement sur l'affaire

Par 26/02/2026 - 13:14 • Mis à jour le 26/02/2026 - 21:06

Après l'évacuation massive de dépouilles ce mardi 24 février aux pompes funèbres du bourg du Gosier, le gérant de l'établissement sort du silence. Ce dernier dénonce notamment un imbroglio juridique qui laisse des défunts sans sépulture depuis 2021.

    Corps évacués des pompes funèbres au Gosier : la réaction du gérant de l'établissement sur l'affaire

Ce mardi 24 février, une opération d'envergure a été menée pour évacuer de nombreuses dépouilles au sein des pompes funèbres du bourg du Gosier. Face à l'émotion suscitée, le gérant a tenu à apporter des précisions : il affirme n’avoir commis aucune faute et se dit victime d’un blocage administratif.

"Aujourd'hui, beaucoup de corps n'ont toujours pas été inhumés"

Le responsable assure avoir multiplié les démarches auprès des mairies, mais celles-ci auraient systématiquement refusé les autorisations d’inhumer.

La situation est d'autant plus complexe que certains corps, décédés en 2021, ne sont arrivés dans son établissement qu’en 2023 à la suite d’une panne majeure au CHU. Aujourd'hui, le gérant se retrouve dans une impasse totale avec des cercueils qu'il ne peut légalement pas mettre en terre.

Bruno, le gérant des pompes funèbres mis en cause, dénonce une impasse administrative sans précédent concernant la gestion de défunts non inhumés depuis la pandémie :

Au début de cette histoire, nous avons été contactés par le CHU car leur morgue était tombée en panne. Nous avons donc procédé au retrait des corps. C'était en pleine période de pandémie et nous manquions d'espace ; la difficulté était alors immense. Aujourd'hui, beaucoup de corps n'ont toujours pas été inhumés. En réalité, seuls quelques-uns l'ont été, car les mairies refusent de nous délivrer les autorisations d'inhumer. Il faut suivre un protocole et un code très particuliers puisque ces personnes sont décédées, pour la plupart, plus de deux ans avant leur arrivée dans l'établissement. Certaines sont décédées en 2021 ou 2022. Vous comprenez la complexité : il faut des autorisations préfectorales et multiplier les démarches. Cela fait plus de deux ans et demi que nous nous battons pour faire inhumer ces corps. Avec l'aide du CHU, nous avons enclenché toutes sortes de procédures, mais rien n'a permis de trouver de solution. Que ce soit par téléphone ou par mail, nous n'avons cessé de lancer des appels, mais personne ne nous répond. Nous n'avons jamais eu de retour. Aujourd'hui, nous sommes coincés par les administrations qui n'ont jamais voulu intervenir dans ce dossier.

Que dit la loi sur le stockage des corps ?

Lorsqu’une personne indigente ou sans famille décède, la question de l’organisation peut susciter de nombreuses interrogations. Des processus existent et le rôle des autorités est primordial : lorsqu’une personne décède sans disposer des moyens financiers nécessaires et sans proches, la commune prend généralement le relais.

La mairie du lieu de décès est tenue d’assurer la prise en charge des obsèques des personnes démunies ou isolées et les démarches débutent par la préparation du corps, réalisée par une entreprise de pompes funèbres mandatée.

Le défunt est ensuite conduit vers un cimetière pour y être inhumé. Les frais pris en charge couvrent les prestations essentielles : soins et préparation du corps, transport jusqu’au cimetière et inhumation.

Si les obsèques se déroulent dans la simplicité, elles doivent impérativement respecter les règles funéraires en vigueur et garantir le respect dû au défunt. Aujourd'hui, grâce à l’intervention des pouvoirs publics et des professionnels du funéraire, ces défunts bénéficient d’une sépulture.

Le Code pénal rappelle que la loi protège la dignité humaine et prohibe toute atteinte aux cadavres. Toute violation de l’intégrité d’un corps durant le protocole est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.


√ Rejoignez notre Chaîne Whatsapp, RCI INFOS GUADELOUPE, pour ne rien rater de l’actualité : cliquez ici.

Tags