Séisme en Haïti : 16 ans après, le pays est toujours marqué par la catastrophe

Par 12/01/2026 - 16:26

Ce lundi (12 janvier), marque les 16 ans du séisme qui a frappé Haïti en 2010. D’une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter, le tremblement de terre avait causé des dégâts considérables, notamment à Port-au-Prince, faisant près de 300 000 morts et plus d’un million de déplacés. Plus d’une décennie plus tard, les conséquences de cette catastrophe restent profondément visibles.

    Séisme en Haïti : 16 ans après, le pays est toujours marqué par la catastrophe

Le 12 janvier 2010, Haïti était frappée par l’un des séismes les plus meurtriers de son histoire. En quelques secondes, une grande partie de la capitale, Port-au-Prince, était détruite. Le bilan humain est lourd : près de 300 000 morts, plus de 300 000 blessés et plus d’un million de personnes déplacées. Seize ans après, les stigmates de la catastrophe sont toujours visibles, tant sur le plan matériel que social. 

À la suite du séisme, de nombreux Haïtiens, en particulier des jeunes, ont été contraints de quitter le pays pour poursuivre leurs études ou reconstruire leur avenir. Certains ont choisi de s’installer en Martinique. Malgré la distance, ces expatriés restent toutefois profondément attachés à Haïti et observent avec inquiétude les difficultés persistantes de leur pays d’origine, à l’image de Christophe Providence. Cet enseignant-chercheur et directeur de l’Institut Universitaire des Sciences en Haïti, consacre aujourd’hui l’essentiel de ses travaux, à la situation du pays. Il déplore le manque d’avancées structurelles dans le pays, depuis la catastrophe : 

Le plus triste dans cette histoire, c'est qu’on a un passé glorieux, mais on ne prépare pas l'avenir. On ne met pas en œuvre des politiques publiques capables de nous préparer. Il faut aider Haïti, certes, mais pas de n'importe quelle manière. Il faut à un moment donné, qu'on arrive même dans l'aide, à agir intelligemment. 

Un pays toujours vulnérable face aux risques

Originaire d’Haïti, Faubert Bolivar vivait dans le pays au moment du séisme avec sa famille. Contraint de partir, il réside aujourd’hui en Martinique, où il exerce comme professeur de philosophie. Pour lui, le séisme du 12 janvier 2010 a profondément marqué la population, sans pour autant conduire à une réelle préparation face aux risques naturels : 

Comment commémorer des morts, quand on est incapable d'empêcher qu'il y ait de nouveaux morts. Le pays n’est toujours pas préparé aux risques naturels. Le séisme était venu souligner ce qui existait déjà, la faiblesse de nos infrastructures, la faiblesse de nos institutions. 

L’intervention des ONG

Après le séisme, la communauté internationale s’était largement mobilisée pour venir en aide aux victimes, notamment à travers de nombreuses ONG. Une aide bienvenue sur le moment, mais dont l’impact à long terme continue d’interroger.

Franco-haïtien et président de l’association ESA Caraïbes (Enfants Soleil d’Avenir), Patrice Lefaucheur s’était rendu sur place à l’époque. S’il reconnaît l’élan de solidarité, il porte aujourd’hui un regard critique sur l’efficacité de l’aide humanitaire déployée : 

La solidarité, c'est magnifique et il en faut, mais le don ne suffit pas. Le plus important, c’est l’organisation, la distribution, pour que ces aides soient vraiment utiles. Dans le monde des ONG, on définit 2010 comme le Waterloo des ONG. Tout ce qui ne fallait pas faire a été fait à ce moment-là. 

Malgré la grande résilience de sa population, Haïti reste encore marquée par la catastrophe.


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