Roblox : un jeu vidéo qui cartonne chez les enfants, mais un écran qui inquiète les spécialistes

Par 06/02/2026 - 06:50 • Mis à jour le 07/02/2026 - 08:01

Coloré, créatif et interactif, Roblox séduit des millions d’enfants à l'international, y compris aux Antilles. Mais derrière cet univers ludique se cachent des risques bien réels : addiction aux écrans, perte d’attention et impacts sur le développement cognitif. Un phénomène qui interpelle parents et professionnels de santé.

    Roblox : un jeu vidéo qui cartonne chez les enfants, mais un écran qui inquiète les spécialistes
@Roblox

Si vous avez des enfants autour de vous, impossible d’y échapper. Dans les cours de récréation comme à la maison, Roblox est partout. Accessible depuis une simple tablette ou un téléphone, le jeu permet de créer son avatar, de personnaliser son univers et d’explorer des milliers de mondes virtuels. Une liberté qui plaît… parfois un peu trop.

Faut-il interdire Roblox aux plus jeunes ? 

Comme beaucoup de jeux vidéo en ligne, Roblox n’est pas sans danger : temps d’écran excessif, contenus inadaptés selon l’âge, interactions avec des inconnus. Un cocktail qui peut fragiliser les plus jeunes. Pour la psychologue Néhémie Martin, les signaux d’alerte sont déjà visibles chez certains adolescents.

On est quand même face à la question de l’écran. Ce que ça peut créer une forme d’addiction. On a des ados qui dorment de plus en plus tard pour jouer à Roblox, qui se rejoignent en ligne, en “game”. Il y a de vraies pertes d’attention et de concentration. Et les adolescents le verbalisent eux-mêmes : ils disent qu’ils ont du mal à décrocher du jeu. Ça prend de la place dans le développement cognitif, même chez l’adolescent. On observe aussi un désintérêt pour l’environnement, pour les activités sportives ou créatives.

Un constat qui fait écho aux inquiétudes de nombreuses familles. Des enfants de plus en plus connectés, parfois livrés seuls à leurs écrans, sans réel cadre. 

Roblox n’est d’ailleurs plus accessible aux internautes égyptiens depuis, ce mercredi 4 février, dans le cadre de mesures visant à renforcer la protection des enfants, selon le Conseil suprême de régulation des médias. 

Interdire, à mon sens, c’est vraiment le dernier recours qu’on devrait envisager, surtout en matière éducative. C’est délicat, parce que l’enfance n’a pas vraiment sa place symboliquement dans ce jeu : il y a des codes, des symboles, des interactions. Si on devait fixer un âge de manière réaliste, à mi-chemin entre les désirs et les besoins de l’adolescent, on irait plutôt vers le début du collège. 

Pour Néhémie Martin, l’accompagnement parental reste la meilleure solution pour encadrer ce type de jeux. Comprendre ce que fait l’enfant en ligne, fixer des règles, limiter le temps d’écran et maintenir un dialogue. Au-delà de Roblox, c’est bien la place des écrans dans le quotidien des enfants qui pose question.


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