À Corsair, le nouveau président du conseil d'administration Abbas Jaber divise
Le 12 juin dernier, le conseil d'administration de Corsair a élu Abbas Jaber à sa présidence. L’homme d'affaires prend les rênes d'une entreprise fraîchement recapitalisée grâce à près de 168 millions d'euros de fonds publics.
Selon des informations de nos confrères chez Marianne, le 12 juin dernier, Abbas Jaber est devenu président du conseil d'administration de Corsair. Mais ce changement intervient dans un contexte particulier.
La compagnie, dont les liaisons entre l'Hexagone, les Antilles et La Réunion sont vitales pour les territoires ultramarins, vient d'être recapitalisée grâce à un important soutien public à hauteur de 168 millions d'euros pour assurer sa pérennité. Pascal de Izaguirre, lui, voit ses prérogatives renouvelées et reste président-directeur général de Corsair.
Une prise de pouvoir rapide
L'élection d'Abbas Jaber n'était pourtant pas acquise d'avance. Les actionnaires ultramarins réunis au sein de Blue Sky Holding restent majoritaires avec 52 % du capital, contre 40 % pour le nouvel homme.
Quelques jours seulement après son arrivée à la présidence, il a déjà obtenu le lancement d'un audit sur la gestion passée de la compagnie, visant notamment les relations contractuelles nouées sous l'ancienne gouvernance avec certaines sociétés liées aux actionnaires historiques.
Un profil atypique qui divise
Abbas Jaber est avant tout connu pour avoir bâti le groupe Advance-Géocoton, actif dans l'agro-industrie, la logistique, l'énergie et la meunerie. Pilote lui-même et passionné d'aviation, il affirme avoir investi dans Corsair en raison du potentiel de développement de la compagnie, notamment vers l'Afrique.
Pour ses partisans, c'est un entrepreneur capable de reprendre des entreprises en difficulté et de s'imposer sur des marchés complexes. Pour ses détracteurs, il incarne un capitalisme d'influence où réseaux politiques, intérêts économiques et relations franco-africaines s'entremêlent.
Sa prise de contrôle du conseil d'administration, malgré une participation minoritaire au capital, suscite de vives réactions dans le milieu. Des opposants estiment qu'il a obtenu un pouvoir de décision disproportionné au regard de sa part du capital, dans une entreprise largement financée par des fonds publics.
Lui soutient au contraire apporter les capitaux privés et la stratégie de développement nécessaires au redressement de la compagnie. Cette nouvelle gouvernance ouvre une nouvelle page pour Corsair, mais les interrogations sur l'avenir stratégique de la compagnie restent entières.







