La traite des esclaves africains proclamée à l'ONU "plus grave crime contre l'humanité"

Par 26/03/2026 - 08:13

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qualifiant la traite des esclaves africains de « pire crime contre l’humanité ». L’Union africaine a salué cette avancée pour la reconnaissance et la réparation de cet héritage.

    La traite des esclaves africains proclamée à l'ONU "plus grave crime contre l'humanité"
Siège de l'ONU / AFP

Adoptée mercredi (25 mars) par l’Assemblée générale de l’ONU, la résolution qualifie "la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains" comme "les plus graves crimes contre l'humanité". Le texte condamne également cette "injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité".

Le vote a rassemblé 123 voix pour, contre 3 oppositions — les États-Unis, Israël et l’Argentine — et 52 abstentions, dont celles du Royaume-Uni et des pays de l’Union européenne.

Le texte, soutenu par l'UA, était porté par le président ghanéen John Mahama, dont le pays a été le premier du continent à accéder à l'indépendance en 1957.

Une « étape importante vers la guérison »

"Cette décision historique marque une étape importante vers la vérité, la justice et la guérison, et renforce la nécessité urgente de s'attaquer à l'héritage durable de l'esclavage", a affirmé Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA, dans un communiqué publié sur X.

L'organisation continentale "reste déterminée" à "veiller à ce que de tels crimes ne soient ni oubliés ni répétés", a-t-il précisé.

L'esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d'Afrique de l'Ouest et centrale.

Des oppositions sur le principe des réparations

La résolution appelle les Etats à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé, notamment des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés.

Les Etats-Unis ont voté contre ce texte affirmant qu'il met les crimes "en compétition" et déclarant ne pas reconnaître "le droit légal à des réparations pour des torts historiques qui n'étaient pas illégaux en vertu du droit international à l'époque où ils ont eu lieu".

Mêmes arguments de la part des pays de l'UE et du Royaume-Uni, qui tout en soulignant la monstruosité de l'esclavage, se sont eux abstenus.


Tags

À lire également