Inégalités dans les Outre-mer : le Sénat poursuit son étude de la réforme du modèle économique ultramarin
La commission d’enquête du Sénat sur les inégalités en Outre-mer a tenu, ce mardi 17 février, une table ronde sur le modèle économique de ces territoires. Parlementaires et experts y ont analysé les dépendances structurelles afin d'identifier des leviers de réforme pour la concurrence et l'investissement.
Au Sénat, la commission d'enquête sur les inégalités systémiques dans les Outre-mer, créée à l'initiative du groupe communiste, poursuit ses travaux. Ce mardi 17 février, une table ronde dédiée au modèle économique des territoires ultramarins s'est ainsi tenue. L'occasion pour les intervenants et les parlementaires de faire le point sur la situation actuelle, tout en traçant des pistes d'évolution.
Un modèle économique à bout de souffle
Le constat initial est sans appel : les politiques publiques actuelles peinent à réduire efficacement les inégalités. Les "économies de comptoir" perdurent, maintenant une forte dépendance vis-à-vis de l'Hexagone. Pour le professeur Sébastien Mahouraparsad, ce "double déséquilibre" est également nourri par des disparités internes, marquées par une concentration excessive des revenus, du patrimoine et du pouvoir économique.
Toutefois, des leviers de croissance existent. Pour les différents intervenants, les ressources naturelles, les connectivités maritimes et l'accès aux marchés internationaux constituent des atouts majeurs. Ivan Odonnat, président de l'IEDOM (Institut d'Émission des Départements d'Outre-mer), souligne ce potentiel :
Ces atouts présentent un potentiel économique qui, soutenu par des réformes adéquates, devrait relancer la dynamique de rattrapage des économies d'outre-mer. Pour moi, les priorités sont claires : améliorer la concurrence, réduire les rigidités structurelles, mieux accompagner les entreprises et cibler les investissements sur les projets les plus porteurs.
L'enjeu de l'attractivité des territoires
Parmi les pistes de réflexion, la régulation de la concurrence occupe une place centrale, bien qu'elle ne soit pas l'unique solution. Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la Concurrence (ADLC), qui a rendu un rapport sur la vie chère en Martinique le 10 février, en détaillant les causes structurelles des écarts de prix avec l’Hexagone, apporte une nuance importante :
« La concurrence au sens juridique permet d'enquêter et de sanctionner. En revanche, la concurrence réelle, au sens économique, ne se décrète pas. Elle dépend entièrement de l’attractivité de vos territoires : il faut que les entreprises aient concrètement envie de s'y installer. »
Au cours des échanges, il a également été souligné que des réformes pour réduire les inégalités économiques en Outre-mer pourraient être mises en œuvre rapidement. Pour Ivan Odonnat, le diagnostic est posé et de nombreuses propositions concrètes sont déjà sur la table, n'attendant plus que leur application.







