Continuité territoriale et essor de la géothermie : les deux sujets de l’Outre-mer portés à l’Assemblée

Par 15/04/2026 - 15:24 • Mis à jour le 15/04/2026 - 15:27

Pourquoi un citoyen ultramarin reçoit-il vingt fois moins d'aide au voyage qu'un Corse ? À l'Assemblée, la députée Béatrice Bellay a confronté le gouvernement à cette réalité budgétaire, tandis que la ministre Naïma Moutchou a dévoilé des mesures concrètes pour accélérer l'autonomie énergétique des territoires.

    Continuité territoriale et essor de la géothermie : les deux sujets de l’Outre-mer portés à l’Assemblée

Ce mercredi 15 avril, la question de la continuité territoriale en Outre-mer a suscité un débat tendu lors de la séance des questions au gouvernement.

La députée de la Martinique, Béatrice Bellay, a vivement dénoncé une fracture budgétaire entre la Corse et les territoires ultramarins.

Deux poids, deux mesures

Les chiffres cités par l'élue soulignent un contraste saisissant : alors que l'enveloppe annuelle de 247 millions d'euros allouée à l'Île de Beauté représente plus de 700 euros par habitant, les moyens de LADOM pour les DROM ne s'élèvent qu'à 76 millions d'euros, soit une aide dérisoire de 30 euros par habitant.

Qualifiant cette disparité de « ségrégation », la députée socialiste a provoqué une fin de non-recevoir de la part de la ministre Naïma Moutchou.

Cette dernière a nié toute discrimination en mettant en avant une hausse de 13 % du nombre de bénéficiaires des aides l'an dernier, contournant toutefois le débat de fond sur l'équité des dotations budgétaires.

Face à ce qu'elle considère comme une injustice flagrante, la députée Béatrice Bellay a interpellé l'hémicycle avec une virulence teintée d'amertume :

Plus de 20 fois plus pour nos amis Corses. Comment nommer une telle différence, sinon une rupture assumée d'égalité ? Comment ne pas y voir de la ségrégation territoriale et même du racisme ? Ma question est simple et elle s'adresse finalement à chacun d'entre vous dans l'hémicycle. Quand comprendrez-vous que ces injustices sont le terreau de toutes les défenses et de toutes les déviances de nos territoires ? Quand oui, quand cette République acceptera-t-elle de faire que que les citoyens que nous sommes valons autant que ceux des autres territoires de la République.

Sans répondre directement à la comparaison chiffrée, la ministre Naïma Moutchou a préféré recentrer le débat sur la dynamique de progrès engagée par le gouvernement :

Nous le devons à tous nos compatriotes ultramarins et nous continuerons à le faire. Il y a encore des réflexions en cours pour permettre encore d'aller toucher davantage de publics fragiles. Ce que je constate, c'est que d'abord, ça va dans le bon sens. Et puis, il y a tout le reste. Il y a la lutte contre la vie chère, il y a le prix des billets d'avion, la question des carburants. Je veux dire que cet ensemble est pris à bras le corps par mon ministère. Vous pouvez compter sur moi si vous avez d'autres propositions à en faire l'analyse, à les expertiser avec vous et à avancer.

Le rôle de la géothermie

Le sujet de l'énergie s'est également invité au cœur des débats.

Dans un contexte de fortes tensions mondiales, le député de la Guadeloupe, Olivier Serva, a plaidé pour un soutien accru aux filières renouvelables, mettant particulièrement l'accent sur le potentiel géothermique de nos territoires.

En réponse, la ministre Naïma Moutchou s'est appuyée sur les récentes Programmations Pluriannuelles de l'Énergie (PPE) pour annoncer des mesures concrètes.

Celles-ci visent notamment à sécuriser les investissements exploratoires aux Antilles et à La Réunion. Elle a ainsi détaillé la feuille de route du gouvernement :

Nous avons réaffirmé notre ambition d'accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables dans les territoires ultramarins (...). Je voudrais pouvoir vous annoncer deux choses : la première est l'augmentation de la capacité de la centrale de Bouillante, qui passera de 15 à 25 mégawatts grâce à 10 mégawatts de puissance additionnelle. La seconde est la publication imminente d'un texte de la ministre de l'Énergie, Maud Bregeon, augmentant l'aide de l'État pour couvrir les 'coûts échoués' liés aux forages exploratoires. Cette aide facilitera l'investissement pour de nouvelles centrales en Guadeloupe, à La Réunion, à Mayotte et en Martinique.


Tags

À lire également