Non-lieu dans l’affaire du chlordécone : « cela ajoute une injure à la blessure ! »
Ce lundi (22 juin), la cour d’appel de Paris à prononcer un non-lieu dans l’affaire du chlordécone. Une décision qui indigne les parties civiles, qui ne se résignent pas.
Ce lundi (22 juin), à la sortie de la salle d'audience, où le délibéré a été rendu à huis clos, les mines sont défaites, l'air grave. La cour d’appel a confirmé le non-lieu dans l’affaire du chlordécone, une décision qui indigne les plaignants, notamment Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS, spécialiste des questions sur le chlordécone :
Cela ajoute une injure et une insulte à la blessure. Nous sommes déshumanisés en même temps qu'on prolonge un « écocide » chez nous et on demande de le reconnaître, sans reconnaître aucun coupable. Pire, on pourrait même se dire que finalement, cet empoisonnement était conforme à la loi française. Vous avez été empoisonné légalement, donc évidemment, ça on ne peut pas l'accepter.
Le motif de prescription
Le motif de prescription n'est pas entendable pour Maître Olivier Tabone, qui représente l'AMSES Martinique, l'Association Médicale de Sauvegarde de l'Environnement et de la Santé :
Comment peut-on leur opposer la prescription pour des faits dont ils souffrent encore aujourd'hui, et demain leurs enfants et leurs familles ? Je suis personnellement scandalisé par cette décision. Nous allons naturellement envisager les procédures et le cas échéant, un pourvoit en cassation, pour défendre ces victimes.
Pour Yvon Sérénus, président du CODEP, le collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides et leur ayant droit, il y a des arguments à faire valoir en cassation :
Les producteurs de banane ont épandu encore du chlordécone en 2000, 2002 et 2003. On a ces documents-là. C'est pourquoi je dis qu’on va s'en sortir, ça va marcher, n'ayez crainte.
Cette décision de la Cour d'appel est donc un nouvel écueil pour les parties civiles, mais le combat ne s'arrête pas là.







