Procès d’Ary Chalus : le deuxième jour d’audience consacré à l'emploi présumé fictif de collaboratrice parlementaire
Ce jeudi (25 juin), au procès du président de la Région Guadeloupe Ary Chalus, pour détournement de fond public, la cour se penche sur l’emploi présumé fictif de sa femme et sa fille.
Le procès d'Ary Chalus pour détournement de fonds publics se poursuit ce jeudi (25 juin) devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Cette deuxième journée a notamment été consacrée à l'emploi présumé fictif de collaboratrice parlementaire de la compagne du président de la Région Guadeloupe lorsqu'il était député, avec quelques moments de crispation.
À l'image de ce qui s'est passé avec sa fille hier (mercredi 24 juin), Ary Chalus est incisif lorsqu'on aborde ses proches. Il est accusé d'avoir fait bénéficier de salaires et avantages des collaborateurs parlementaires à sa compagne, pour qui la procédure a été disjointe pour raisons médicales, et à sa fille, présente à ce procès.
Cette dernière s'en est expliquée, assurant qu'elle travaillait. Elle ne reconnait qu’une simple erreur, sur une courte période, lors de laquelle elle accumulait deux temps pleins. « Vous êtes la Batman du travail », ironise la procureure. En tout cas elle en a la stature aux yeux de son père. La voix tremblante, Ary Chalus défend sa fille face au tribunal :
Dans ma famille, on travaille. J'ai l'impression qu'on l'attaque et ça me fait de la peine. Je sais qui j'ai comme fille et je suis fier d'elle. Je me demande si ce n'est pas ma famille qui est attaquée.
Des preuves accablantes
Car le tribunal a épluché les contrats et mouvements de sa compagne. Cette dernière, aide-soignante de métier, a bénéficié d'un contrat de collaboratrice parlementaire, même après un arrêt maladie et pendant qu'elle suivait des études d'infirmière à Nancy. Un temps plein scolaire qu'elle cumulait avec un temps partiel au Palais Bourbon, « comment est-ce possible ? » s'interroge la procureure.
Ary Chalus assure lui « qu'elle a fait le job », à savoir : le café, trier le courrier, répondre au téléphone, l'accompagner en réunion ou faire visiter l'hémicycle à des administrés de Guadeloupe, parfois sur des soirées et des week-ends. Il poursuit :
J'ai senti qu'on voulait me faire dire que c'est parce que c'est ma compagne que je l'ai fait, j'aurais pu, tous les parlementaires le faisaient, mais non, j'ai aidé quelqu'un dans le besoin et elle a travaillé.
Car sa compagne aurait eu des difficultés financières à l'époque, ce qui aurait motivé cet emploi à 1948 euros par mois, en plus d'une aide du conseil régional de 610 euros. De plus, elle aurait utilisé les frais de mandat du parlementaire pour ses déplacements en train, en avion et l'ameublement de son appartement nancéen.
« C'est normal que j'aie pu l'aider » tranche monsieur Chalus, qui continue de plaider la bonne foi et le manque d'information, affirmant n'avoir jamais abusé des fonds publics. On perçoit que le président de la Région Guadeloupe ressent une injustice à la barre en déclarant :
Si je devais dire tout ce qu'il y a dans mon cœur. Personne n'était aussi aimé qu'Ary Chalus à l'Assemblée. Quand je vois que d'autres ne sont pas devant vous monsieur le président, je me demande pourquoi ».
L'heure est désormais aux plaidoiries des parties civiles, le procès reprendra ensuite lundi prochain.







