7 ans de prison pour le motard poursuivi pour l'homicide routier du jeune Kilyan Vildeuil : le coupable conteste toujours les faits
Fabrice B., 45 ans, d'origine martiniquaise, a été condamné à sept ans de prison ce mardi (28 juillet) devant le tribunal judiciaire de Lyon, pour homicide routier sur Kilyan Vildeuil, 17 ans. Le jeune homme était décédé sur un passage piéton de Vénissieux, en banlieue lyonnaise, le 13 juillet 2025. Alors qu'il circulait sur une draisienne électrique, l'adolescent d’origine antillaise également, avait été percuté à vive allure par le motard, chauffard récidiviste, en état d'alcoolémie, sans permis et sans assurance. Retour sur ce procès :
C'était un procès contrasté devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Lyon. D'un côté, l'impassibilité extrême d'un prévenu, déterminé à contester tout ce qu'il peut. En face, l'émotion immense des proches de Kilyan, venus remplir la salle d'audience.
À la barre, sa mère bouleverse le tribunal. "Rien ne réparera, mais j'attends de la justice d'être à la hauteur de mon fils", lance sa maman en larmes. Pas de quoi émouvoir Fabrice B., 45 ans, droit comme un I, ton ferme, parfois sec.
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Un motard récidiviste
Le Martiniquais d'origine circulait pourtant sous alcoolémie positive, sans permis ni assurance, en excès de vitesse et avec déjà quatre mentions de délit routier à son casier. Mais il assure ne pas être responsable de l'accident. S'il ne se souvenait de rien dans les premiers temps, la mémoire lui serait revenue après dans les moindres détails. Détail qui, comme par hasard, le dédouane de toute responsabilité. Présentant au magistrat la thèse d'un autre véhicule qui l'aurait percuté, provoquant l'accident en série. "Je suis certain", clame-t-il.
Jamais Fabrice B. ne s'excuse, ni demande pardon, même s'il assure ne pas manquer d'empathie avec véhémence, parfois, lui qui aurait, qui plus est, adressé des messages aux proches de Kilyan depuis sa détention.
"Il n'a pas laissé mon fils en paix. Il ne nous laisse pas en paix", déplore la maman de Kilyan face au tribunal. "Il n'a ni honte ni remords, alors que nous vivons avec cette douleur", appui la petite sœur de la victime.
"une inconséquence majeure et une désinvolture indécente"
Une position et un détachement de Fabrice B., dénoncés aussi par la procureure qui évoque "une inconséquence majeure et une désinvolture indécente" avant de réclamer sept ans de réclusion. Peine intégralement suivie par le tribunal, malgré une demande relaxe de l'avocat de la défense, pour clore ce procès lourd, sans réparation réelle pour les proches, ni remords pour le prévenu.
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Leïla Vildeuil, la maman de Kilyan, a pris la parole lors du procès pour témoigner de sa souffrance et réclamer une parole judiciaire de “vérité” :
Une vérité, pas venant de sa part, mais une vérité venant de la justice. Je souhaitais 10 ans, mais on s'était dit que ça aurait été entre sept et huit ans. Donc on est dans les années demandées. Entendre la partie inverse, c'était très compliqué. Je suis soulagée parce que la promesse que j'ai faite à Kilyan, c’est de lui rendre justice, qu'on se batte jusqu'au bout. Et je n'ai pas été toute seule. J'ai été entourée de beaucoup de personnes, que ce soit amis, famille, connaissances, inconnues. Donc, je remercie vraiment tout le monde. Ce soutien est extrêmement fort. Ça le reflète totalement. Comme il y a écrit sur le T-shirt, « que son sourire continue de nous illuminer».
Pour l'avocate de la famille de Kilyan, maître Clara Baudoin, cette peine est acceptable, même si cette dernière craint que le prévenu ne fasse appel. Elle réagit :
Sept ans sur dix encourus, c'est une peine qui est juste. C'est sûr que pour la famille des victimes, c'est insuffisant. Même dix ans, ce serait insuffisant. Mais la peine n'a pas vocation à faire revenir l'être cher. Donc, acceptable, mais difficile à accepter pour les parties civiles.
Une déresponsabilisation difficilement soutenable
L’avocate de la victime revient les tentatives de défense du prévenu, peu prises en compte selon elle. Elle poursuit :
Le président ne l'a pas laissé beaucoup s'exprimer sur ces théories du complot. Même si on a toujours eu ces mensonges, une déresponsabilisation totale du prévenu, je m'attendais à pire et j'ai trouvé que finalement, ça s'était relativement bien passé.
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Reste à savoir si Fabrice B. fera appel de sa condamnation :
Nous n'avons pas de confirmation pour l'instant. On l'a prévenu qu’il avait 10 jours pour faire appel. On le craint fortement, puisque de toute façon, il conteste le principe même de sa responsabilité. Donc, on ne sera vraiment pas étonné si un appel est interjeté.







