Le procès du motard poursuivi pour l'homicide routier du jeune Kilyan Vildeuil renvoyé au 28 juillet à Lyon

Par 11/06/2026 - 12:44 • Mis à jour le 11/06/2026 - 13:10

Le procès de Fabrice B., poursuivi pour l'homicide routier du jeune Kilyan Vildeuil à Vénissieux, s'est ouvert ce jeudi 11 juin à Lyon. En raison de l'absence de l'avocat de la défense et de vives tensions dans l'audience, les débats ont été renvoyés au 28 juillet prochain.

    Le procès du motard poursuivi pour l'homicide routier du jeune Kilyan Vildeuil renvoyé au 28 juillet à Lyon
Proches et personnes venues soutenir la famille du jeune Kilyan, décédé après un accident routier à Vénissieux, le 13 juillet 2025.

Le procès de Fabrice B., un motard de 45 ans poursuivi pour homicide routier suite à la mort du jeune antillais Kilyan Vildeuil, s'est ouvert ce jeudi (11 juin) devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Lyon.

En raison de l'absence de l'avocat de la défense et d'incidents de séance, le tribunal a ordonné le renvoi de l'affaire au 28 juillet prochain.

Un prévenu au casier judiciaire rempli

Le drame s'est produit le 13 juillet 2025 à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Kilyan Vildeuil, un adolescent de 17 ans originaire de Guadeloupe et de Martinique, se trouvait sur un passage piéton lorsqu'il a été percuté par un deux-roues motorisé.

Le jeune homme est décédé des suites de l'accident.

Le conducteur, Fabrice B., est un homme d'origine martiniquaise âgé de 45 ans. Les analyses ont révélé qu'il circulait en état d'alcoolémie, sans permis de conduire et sans assurance.

Le prévenu présente plusieurs mentions à son casier judiciaire pour des délits routiers et des faits liés à l'alcoolémie.

"On n'a pas d'autre choix que d'avancer"

En raison de ces antécédents, il avait été placé en détention provisoire dans l'attente de son jugement.

Leïla Vildeuil, la mère de Kilyan, a décrit les répercussions psychologiques et quotidiennes de ce drame sur sa famille :

On survit. On avance, parce qu'on n'a pas d'autre choix que d'avancer et de vivre parce que nous sommes en vie. On porte des masques différents chaque jour. Kilyan a deux frères et une sœur. Ça a été très difficile et c'est toujours difficile. Ma fille a dû être déscolarisée après le choc de tout ça. J'ai mon dernier qui fait énormément de cauchemars, de terreurs nocturnes, de pleurs la nuit. C'est très compliqué. Que soient mes enfants, que soient les enfants de mes sœurs, c'est exactement la même chose. C'est vraiment une destruction massive.

Une audience perturbée

L'audience de ce jeudi 11 juin s'est déroulée devant une salle de tribunal occupée par une centaine de personnes venues soutenir les proches de la victime.

Plusieurs incidents ont perturbé l'ouverture des débats : les forces de l'ordre ont commis une erreur d'identité en introduisant un autre prévenu dans la salle.

L'avocat de Fabrice B. ne s'est également pas présenté à l'audience. Ce dernier a invoqué une raison médicale notifiée tardivement au tribunal, sans en informer son client au préalable.

Face aux juges, Fabrice B. a d'abord sollicité le renvoi du procès tout en contestant le déroulé des faits sans y avoir été invité.

Par la suite, après que l'avocate de la partie civile a déploré son comportement, le prévenu s'est montré agacé et a finalement demandé à être jugé immédiatement.

Il est également reproché au prévenu, malgré sa détention, d'être resté actif sur les réseaux sociaux.

Des messages affirmant qu'il n'est « pas désolé » ont été publiés sur Facebook et la tante de la victime a été contactée, bien que Fabrice B. nie être l'auteur de ces publications.

Devant le tribunal, il a déclaré : "Si vous voulez faire une chasse à la sorcière, jugez-moi, puisque c'est ce que tout le monde attend."

La colère et l'espoir de la famille

À l'issue de l'audience, les proches de la victime et les avocats ont exprimé leurs réactions face à ce report et à l'attitude du prévenu.

Concernant le comportement de Fabrice B. durant l'audience, Leila Vildeuil, la mère de Kilyan, décrit l'attidue du prévenu lors de l'audience :

Avec son attitude, on voit bien qu'il s'en fout, il n'a aucun remords, et c'est très dur. Ce que je ressens, c'est du dégoût, tout simplement. On est encore plus déterminé parce qu'on a encore plus la rage, en fait. Ça ne doit pas rester impuni.

Face à ce contretemps procédural, la mère de la victime insiste sur la nécessité d'aller jusqu'au bout :

Il faut qu'on puisse malgré tout essayer d'avancer, pour avoir la justice pour Kilyan, tout simplement, comme promis. On est encore plus déterminé parce qu'on a encore plus la rage, en fait. Et il va être jugé et être condamné, j'en suis sûr (...). Le fait qu'il y ait eu beaucoup de monde au procès, ça montre que Kilyan dégageait de l'amour, avec son sourire éclatant. Il était aimé de tous et aimait tout le monde.

L'espoir d'une lourde peine

Maître Clara Baudoin, l'avocate des parties civiles, a fait part des difficultés que ce délai engendre pour ses clients :

C'est très difficile parce que c'est vrai que moi, je lui avais dit demain soir, au plus tard, on aura un verdict. Et malheureusement, aujourd'hui, on est face à un homme qui continue d'être actif sur les réseaux sociaux pour clamer son innocence. Ça fait aussi partie des choses qui sont difficiles à entendre. On a toutes les conditions réunies pour avoir une peine lourde.


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