Détournement de fonds à Fort-de-France : Letchimy répond à nouveau aux accusations
Le procès de Serge Letchimy s’est poursuivi, ce mercredi (19 novembre), devant le tribunal correctionnel de Paris. Le président de la CTM, jugé avec plusieurs élus de Fort-de-France pour détournement de fonds publics et recel, maintient sa ligne de défense et affirme avoir suivi les instructions de l’administration pour sa retraite.
Le procès de Serge Letchimy, qui s'est ouvert lundi (17 novembre) devant le tribunal correctionnel de Paris, se poursuit, ce mercredi.
Le président du conseil exécutif de la CTM est jugé aux côtés du maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, et de son premier adjoint, Yvon Pacquit, ainsi que de l'ex-DGS de la capitale foyalaise Max Bunod.
Tous les quatre sont poursuivis pour « détournement de fonds publics » et « recel ».
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« J’ai fait confiance à l’administration »
Et ce mercredi, Serge Letchimy a visiblement passé un moment difficile. On a senti parfois l'agacement dans ses réponses au tribunal.
A la barre pendant 2 heures et demi, il est resté sur la ligne de défense qu'on avait déjà entraperçue lundi.
Ce qu'il voulait fin 2015, après la défaite électorale, c'est faire valoir ses droits à la retraite. « J'ai fait confiance à l'administration », martèle Serge Letchimy. « On m'a indiqué une méthode, une procédure, je l'ai suivie à la lettre. »
La faute reviendrait donc aux services de la municipalité de Fort-de-France qui ont géré sa demande et les modalités de son départ à la retraite. Et qui ne se sont pas renseignés sur d'éventuelles incompatibilités, en dépit des refus du comptable public de signer les mandats soumis.
Implicitement, Max Bunod, l'ancien DGS de la ville, est visé.
« Je ne suis pas technicien, je ne suis pas DRH, je ne suis pas juriste a-t-il lancé au président qui le pressait de questions.
Congés payés et prime d’incitation au départ
Sa réintégration dans les effectifs ? Obligatoire pour faire valoir ses droits à la retraite, comme lui a indiqué l'administration.
Les trois mois de traitement reçus, au titre de congés payés, soit environ 28 000 euros ? Cela peut caractériser le recel de détournements de fonds publics, selon le Parquet national financier.
A nouveau, Serge Letchimy a affirmé s'en être inquiété quand il a vu la somme arriver sur son compte. Et avoir directement appelé l'administration qui lui a dit que c'était une obligation.
Quant à la prime d'incitation au départ anticipé à la retraite, plus de 67 000 euros, Serge Letchimy a réaffirmé qu'il n'en voulait pas, mais qu'il y avait des dettes sociales à honorer. Mais il a reconnu les questions éthiques qui peuvent se poser.
« Je ne serai plus élu en 2026 »
Alors pourquoi, comme s'interroge la justice, ne pas avoir attendu l'âge limite pour partir d'office à la retraite, en 2019, si ce n'est pour toucher cette fameuse prime ? « C'est totalement faux comme raisonnement », « je n'ai jamais organisé quoi que ce soit pour bénéficier de quoi que ce soit » s’est défendu Serge Letchimy, qui a affirmé enfin être prêt à rembourser si une incompatibilité est démontrée.
Lors de l'audience, Serge Letchimy a également confirmé son intention de quitter la politique au cours de l'année à venir. Répondant à une question du président du tribunal, le président du conseil exécutif de la CTM a indiqué qu'il ne serait « plus élu en 2026 ». « Je veux retrouver ma liberté, j'ai tout donné à la Martinique », ajoutant qu'il espérait que l'île atteigne l'autonomie.
Après Serge Letchimy, c’était au tour du maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, d’être entendu.







