Au procès des "grands frères", la liste des témoins provoque les premières crispations à l'audience
Dans la salle d'audience du tribunal judiciaire de Fort-de-France, les débats ont débuté avant un peu 9 heures ce lundi matin. 9 des 13 prévenus sont présents certains ayant fait appel de leur renvoi devant le tribunal. La défense s'est aussi insurgée de l'absence de l'ancien procureur de Pointe-à-Pitre, cité comme témoin.
Sur les treize prévenus attendus, seuls neuf sont présents à l’ouverture de ce procès.
Les absences s’expliquent par des refus de comparution, des difficultés de déplacement ou encore des interjections d’appel.
À l'appel des témoins cités par la défense, 11 présents sont comptabilisés. Dans cette liste, on trouve notamment le nom d'Ary Chalus, président du Conseil Régional de Guadeloupe.
Mais certaines citations posent problème, notamment celle de Patrick Desjardins, ancien procureur de Pointe-à-Pitre.
Selon la procureure, les faire venir pourrait les mettre en porte-à-faux, un argument vivement critiqué par les avocats de la défense.
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Après délibération, la cour décide finalement d’entendre ces témoignages le 30 janvier et le 2 février prochains. Ce sera également le cas pour le directeur d'enquête.
Dépaysement critiqué
Comme avant l'audience, les avocats de la défense ont déploré les conditions de ce procès.
Le bâtonnier Raphaël Constant évoque une procédure au caractère aléatoire : "On vous donne des pièces, on vous donne des éléments et on refuse que des témoins viennent", déclare-t-il.
Il estime que deux thèses s’opposent dans ce dossier : celle du complot par des gangs et celle de la révolte populaire.
D’autres avocats dénoncent enfin la délocalisation de l’affaire en Martinique. À l’image de maître Ernest Daninthe :
"Les conditions dans lesquelles comparaissent ces prévenus et leurs avocats venus de Guadeloupe et d’ailleurs est tout à fait inconcevables”, a-t-il dit à la barre.
Pour rappel, les prévenus sont suspectés pour avoir participé à une association de malfaiteurs en fin d'année 2021 en Guadeloupe lors de la contestation de l'obligation vaccinale. Ils sont accusés d'avoir organisé ou prévu d'organiser des attaques de bâtiment ou l'envahissement de l'aéroport.







