13 Guadeloupéens jugés en Martinique : le procès des "Grands frères" débute ce lundi à Fort-de-France
C'est un dossier qui a déjà fait couler beaucoup d'encre qui est appelé à partir de ce lundi matin à la barre du tribunal correctionnel de Fort-de-France. 13 prévenus comparaissent en Martinique pour des faits supposément commis en Guadeloupe en fin d'année 2021, lors des mouvements d'opposition à la politique sanitaire du gouvernement.
Le tribunal correctionnel de Fort-de-France s’apprête à examiner, à partir d’aujourd’hui lundi, un affaire très attendue. 13 prévenus Guadeloupéens sont convoqués pour s’expliquer sur les émeutes qui ont touché la Guadeloupe lors de la crise sociale de 2021.
Tous sont poursuivis pour avoir prétendument orchestré cette colère sociale. Ces événements avaient été ponctués par des incendies, des barrages, des pillages, et même une tentative d’attaque d’une gendarmerie à Lamentin. Ce qui rend les accusations portées contre les prévenus particulièrement graves.
Des prévenus qui sont aussi soupçonnés d’avoir formé un groupement en vue de commettre des extorsions d’argent à des élus et des chefs d’entreprise locaux, en contrepartie d'un retour au calme.
Cette flambée d'exactions s'inscrivait dans le mouvement d'opposition l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant face à l'épidémie de covid.
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Organisation minutieuse des violences
En janvier 2022, le procureur de Pointe-à-Pitre de l'époque avait estimé que les violences avaient été organisées avec une grande minutie.
Il avait, au regard de la complexité de l'affaire selon lui, saisi la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) basée en Martinique. Il considérait notamment que les “Grands Frères” en raison de leur rôle de médiateurs dans leurs quartiers, auraient planifié certains évènements.
Le dossier repose en grande partie sur des écoutes téléphoniques qui ont conduit les enquêteurs sur cette piste. Des investigations qui ont également porté sur la possible participation d'un policier à ces opérations.
Un procès politique
La défense de son côté conteste intégralement l'instruction. Les avocats qui ont tenu une conférence de presse la semaine dernière assurent qu'il s'agit d'un procès politique qui vise à criminaliser un mouvement contestataire. Les prévenus seraient des boucs émissaires opportunément désignés par la justice.
Suspectés à la base d’agissements criminels, les prévenus, poursuivis pour association de malfaiteurs en bande organisée, ont vu leur dossier requalifié en délits correctionnels en 2024. Sur les 19 suspects initialement cités dans cette affaire, 13 seront finalement jugées dès ce matin.
Des personnalités comme le député Olivier Serva, le président de Région Ary Chalus ou l’ex-procureur Patrick Desjardins, ont été cités comme témoins. Ils pourraient intervenir durant ces 2 semaines et demi d'audience, sans doute par visioconférence.







