Air Antilles : le tribunal s’apprête à sceller l’avenir de la compagnie

Par 02/02/2026 - 04:59 • Mis à jour le 02/02/2026 - 10:29

Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre doit rendre sa décision, ce lundi 2 février, sur l’avenir d’Air Antilles. Poursuite de l’activité ou liquidation judiciaire : l’issue d’un long parcours semé de turbulences sera tranchée.

    Air Antilles : le tribunal s’apprête à sceller l’avenir de la compagnie

Créée le 18 décembre 2002 sous le nom Air Antilles Express, la compagnie voit le jour comme filiale régionale du groupe CAIRE, déjà propriétaire d’Air Guyane Express. Sa mission est alors d’assurer les liaisons inter-îles entre la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Dès ses débuts, la compagnie adopte un modèle de transporteur low-cost régional, en s’appuyant sur une flotte de turbopropulseurs et des vols réguliers.

En 2016, Air Antilles Express simplifie son identité et devient Air Antilles. La compagnie modernise son image et renforce sa flotte avec l’arrivée des ATR 72-600, des appareils plus performants et plus confortables, adaptés aux liaisons régionales. Cette période marque une volonté de montée en gamme et de consolidation de sa place sur le marché inter-îles.

Les premières turbulences économiques

Entre 2015 et 2019, la situation se complique. Air Antilles est impliquée dans des accords de coordination tarifaire avec Air Caraïbes sur le marché inter-îles. Ces pratiques conduisent l’Autorité de la concurrence française à infliger de lourdes sanctions financières pour entente sur les prix. Un premier choc économique qui fragilise durablement la compagnie.

Pendant les grandes vacances de 2023, Air Antilles et sa maison mère CAIRE connaissent de graves difficultés financières. Suite à une grève des pilotes et à des problèmes économiques structurels, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre prononce la liquidation judiciaire de CAIRE, mais décide de maintenir temporairement l’activité d’Air Antilles. 

Fin septembre 2023, un plan de reprise partielle est validé. La Collectivité de Saint-Martin devient actionnaire majoritaire à hauteur de 60 %, aux côtés du groupe EDEIS (40 %). La nouvelle structure recentre l’activité sur les dessertes inter-îles historiques.

Une reprise trop fragile

Après cette reprise, Air Antilles redémarre ses opérations en juillet 2024, avec une flotte réduite et un plan de redéveloppement. Malgré cette relance, la compagnie peine à atteindre la rentabilité, notamment en raison d’un nombre de passagers insuffisant et de contraintes financières persistantes.

En avril 2025, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) convertit sa licence d’exploitation en une licence provisoire, signe des incertitudes financières persistantes.  

Quelques mois plus tard, en décembre 2025, à la suite d’un audit de sécurité, la DGAC suspend le certificat de transport aérien d’Air Antilles. Cette décision entraîne l’arrêt immédiat de l’ensemble des vols et la suspension de la vente de billets.

Une décision judiciaire attendue

Début février 2026, Air Antilles se retrouve de nouveau devant le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre. Les juges doivent désormais décider de son avenir juridique : redressement judiciaire, plan de continuation ou liquidation définitive.

Une décision très attendue, aux lourdes conséquences pour les salariés, les usagers et la continuité territoriale dans les Antilles.


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