"Les fonds, on ne les a pas aujourd'hui" : Air Antilles au bord du gouffre
[ENTRETIEN EXCLUSIF] Assiste-t-on à un nouveau crépuscule d'Air Antilles ? Amine Tadjadit, le directeur d'Air Antilles reste confiant mais il ne cache pas que la situation financière de la compagnie aérienne ne répond pas aux exigences règlementaires.
La compagnie aérienne Air Antilles va-t-elle disparaître une nouvelle fois ? La question peut très clairement se poser aujourd’hui quand on sait que la licence d'exploitation de la compagnie aérienne arrive à expiration le 31 janvier prochain, après avoir été prorogée courant 2025.
A ce stade, la situation reste très inquiétante puisque la compagnie aérienne n’a toujours pas trouvé d’investisseurs. Amine Tadhadit, directeur général délégué d’Air Antilles, ne cache pas que la situation de l'entreprise est très compliquée :
Aujourd'hui, ce qui importe pour nous, c'est le client. Les clients, on les croise. Il y a des gens qui viennent, on a un élan de solidarité qui est touchant. C'est pour ça qu'on ne lâche pas encore et on continue. Il y a les équipes, ils sont mobilisés, ils sont en train de répondre aussi à la DSAC, à la DGAC. On continue, même s'il nous posent des questions techniquement. On sait que ce n'est pas bloquant. Maintenant, il faut qu'on ait des investisseurs. Sans ça, on ne répondra pas à l'exigence 1008-2008, l'exigence européenne qui nous demande d'avoir une certaine somme, pour une couverture de trois mois ou six mois dans les comptes. On ne les a pas aujourd'hui
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Vers une cessation de paiement ?
En décembre dernier, en pleine période de forte activité, un audit de la DGAC avait brutalement interrompu les opérations de la compagnie aérienne. Le certificat de transporteur aérien (CTA) ayant été suspendu, la compagnie avait arrêté immédiatement l’ensemble des rotations entre la Guadeloupe, la Martinique et les Iles du Nord.
Sans appui financier pour reprendre du service, la compagnie va directement vers une cessation de paiement :
S'il n'y a personne qui vient, s'il y a personne qui se manifeste, s'il n'y a pas un projet, on est tenu à faire le nécessaire pour sauvegarder les employés. Ça veut dire qu'on ne va pas mener la compagnie au bûcher. On a des obligations vis-à-vis de la loi. Il faut qu'on dépose une DCP, une déclaration de cessation de paiement et voir si c'est après un redressement judiciaire ou autre chose. Si on ne peut pas payer, le directeur général ou le mandataire social a 45 jours pour aller au tribunal du commerce. On va laisser sur le carreau des sous-traitants. C'est dommage qu'on plie une histoire comme ça d'un revers de main. J'accepte tout à fait la décision de la DGAC, mais moi, je trouve que l'accompagnement, on ne l'a pas vu
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"On a répondu à toutes les questions"
Pour Amine Tadjadit, tout a été fait administrativement pour permettre à la compagnie de reprendre ses vols régionaux.
On a répondu à toutes les questions le 30 décembre. C'est documenté. Tout est documenté parce qu'il y a une plateforme d'échanges entre nous et la DSA. Ils nous ont garanti qu'il y avait une équipe qui travaillait sur notre cas. Personne ne répondait, on les appelait, on envoyait des emails, aucune réaction. Jusqu'au 9 janvier qui était la dead line, ils ne nous ont rien dit. En fin de journée, ils nous rajoutent six autres points qui nous ont vraiment plombés. Si on avait ces points avant, on aurait pu réagir très vite. Ils nous ont répondus au dernier moment. Ils étaient censés nous dire: OK, vous avez répondu, c'est bien. Le niveau un, on le baisse en niveau deux. Il permet de reprendre les opérations Parce que nous, on n'a plus d'argent, plus de recettes. On a fait tout notre possible. Les employés, ils ont été franchement à la hauteur. Ils se sont battus
138 salariés sont désormais menacés de perdre leur emploi.







