Décès de Gérard Pomer : Jean-Claude Antoinette salue la mémoire d'une "légende" du gwoka
Gérard Pomer, figure majeure de la musique traditionnelle guadeloupéenne, est décédé dans la nuit du 24 au 25 mai. Un tambouyé et maître ka d'exception, dont la carrière avait été honorée d'un Ka d'or en 2015, un an après le classement du gwoka à l'UNESCO.
C’est une figure majeure du gwoka guadeloupéen qui s'en est allée. Gérard Pomer est décédé dans la nuit du 24 au 25 mai.
Tambouyé d’exception et maître ka reconnu bien au-delà des frontières de l’archipel, il aura consacré sa vie à faire vivre, transmettre et rayonner la culture guadeloupéenne.
De la cité Bologne aux plus grands studios, en passant par les scènes de la Caraïbe et du monde entier, son parcours aura marqué plusieurs générations de musiciens et d’amoureux du gwoka.
Un héritage gravé dans la culture
En 2015, un an après l’inscription de cet art au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, la Ville de Basse-Terre lui rendait un vibrant hommage en lui décernant notamment un Ka d’or ainsi que la médaille du Chevalier de Saint-Georges.
Au-delà du virtuose, le monde culturel salue la mémoire d’un homme humble, généreux et profondément attaché à la transmission.
Pour évoquer l'homme et l'empreinte qu'il laisse, Jean-Claude Antoinette, qui a débuté à ses côtés et partagé de longues années de musique à Basse-Terre, livre un témoignage empreint de souvenirs :
On était deux ou trois, dont mon ami Fred Penture et moi, à aller rejoindre Gérard Pomer, au Square Pichon, pour pouvoir jouer de ce qu'on appelait à l'époque "gwo tambou". C'est après qu'ils l'ont nommé "gwoka". Pour moi, être maître, c'est déjà maîtriser son instrument, créer une école de style, parce qu'il y a quelques tambouilliers que je ne nommerai pas, qui se sont vraiment inspirés de son style pour pouvoir commencer à évoluer dans cette carrière. Indéniablement, Gérard Pomer est un maître, puisque je ne parle pas au passé. Effectivement, il a commencé à Basse-Terre. Et il jouait là-bas avec un autre monument qui était Guy Rospart dit "Kaya", qui avait déjà une voix, une voix particulière, ainsi qu'un sens du rythme absolument métronomique. Et lui-même, c'est une légende.
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