Déchets, emploi, souveraineté : l'économie circulaire débattue lors des Assises Outre-mer de l'INEC au Sénat
Réunis ce lundi 1er juin au Sénat pour les premières Assises de l’économie circulaire en Outre-mer, élus et acteurs économiques ont plaidé pour l'activation d'un « réflexe ultramarin ». Face aux défis de l'emploi et de la gestion des déchets, tous s'accordent sur une priorité : adapter la réglementation nationale aux réalités locales.
Quel bilan pour les premières assises Outre-mer consacrées à l’économie circulaire ?
Organisées par l'INEC (Institut national de l'économie circulaire), ces assises se sont tenues ce lundi 1er juin au Sénat. L’objectif : mettre en lumière un secteur hautement stratégique pour nos territoires.
Au-delà de la seule gestion et de la valorisation des déchets, les enjeux économiques et sociaux liés à cette filière sont multiples.
Les travaux menés lors de cet événement ont notamment mis en exergue une nécessité absolue : l'adaptation.
Plusieurs thématiques ultramarines
L'économie circulaire implique la gestion des déchets et de préservation de l'environnement, mais aussi de développement, d'innovation, d'emploi, de production d'énergie et, plus globalement, de souveraineté.
Un sujet à tiroirs, dont chaque facette s'avère cruciale pour l'Outre-mer. Ces premières assises étaient donc particulièrement attendues.
Mieux vaut tard que jamais. Le député de la Martinique, Jiovanny William, coprésident de l'événement, se félicite que l'on se penche enfin sur la déclinaison ultramarine de l'économie circulaire :
Il était temps que cette initiative voie le jour. Au-delà des rencontres, il s'agit désormais d'agir. C'est une démarche essentielle, car elle constitue une source de développement économique et de création d'emplois locaux, tout en répondant au défi de la gestion de nos déchets. Si nous pouvons transformer cette contrainte en un véritable outil économique, faisons-le.
Des défis à relever
Pour y parvenir, de nombreux défis restent à relever. C’est tout le sens de la démarche de l'Institut national de l'économie circulaire, qui a souhaité réunir l'ensemble des acteurs concernés pour gagner en efficacité face aux enjeux territoriaux, comme le souligne son président, Jean-Marc Boursier :
La tâche est plus complexe, mais encore plus stratégique dans ces territoires ultramarins. Il est impératif que nous nous y attelions. Ce sont de réelles questions de souveraineté, d'économie et de protection de l'environnement. L'ensemble des acteurs locaux doit en prendre pleinement conscience : ils disposent d'une opportunité formidable qu'il leur faut saisir pleinement.
Le "réflexe Outre-mer"
L'INEC rédigera une synthèse des travaux, tout en entendant peser pour une meilleure adaptation des textes. Un mot est d'ailleurs revenu en boucle lors de ces assises : le fameux « réflexe Outre-mer ».
Un automatisme incontournable selon la sénatrice de la Réunion, Audrey Bélim, également coprésidente de l'événement :
C'est tout l'enjeu du travail légistique. Nous ne demandons pas à être traités différemment par principe, mais nous sommes différents par nature. Nous souhaitons simplement une réglementation adaptée. Cela permettrait d'économiser beaucoup d'argent, d'énergie, et d'éviter bien des difficultés à nos territoires. Il ne faut pas craindre le concept de "différenciation", mais plutôt privilégier celui d'"adaptation aux territoires".
Aussi stratégique soit-elle, la réussite de l'économie circulaire en Outre-mer dépendra nécessairement d'une flexibilité locale, indispensable pour co-construire un modèle en phase avec les contraintes spécifiques de chaque territoire.







