Il réclame 600 000 euros de dommages pour un mur déjà détruit

Par • Mis à jour le 07/12/2016 - 14:45

Cela aurait pu être un énième conflit de voisinage qui atterrit devant la justice. Mais l'histoire du mur de Gros-Raisin à Sainte-Luce recèle de deux éléments plutôt cocasses. Tout d'abord le mur construit par Etienne Rocher a été détruit suite à une décision de justice. Ensuite, Gérard Leroy réclame le paiement de 600 000 euros d'astreinte suite à la construction du mur...qui est donc déjà détruit. L'affaire qui devait être jugé mardi (6 décembre 2016) a été renvoyée au 24 janvier 2017. Précisions dans cet article.

    Il réclame 600 000 euros de dommages pour un mur déjà détruit
Avant ils ne pouvaient pas se voir, maintenant ils ne se parlent plus. On pourrait ainsi résumer avec humour cette polémique entre voisins si l'affaire n'avait pas pris des proportions démesurées.

Le mur de la discorde est détruit depuis le début de l'année 2016. Etienne Rocher avait du s'y résoudre suite au jugement en appel quatre ans après la première condamnation. La justice avait effectivement confirmé la condamnation des époux Rocher.

Les deux parties se retrouvaient pour une toute autre raison devant le tribunal de grande instance de Fort-de-France mardi pour le volet financier de l'affaire. En effet Etienne Rocher propriétaire d’une maison à Sainte Luce, quartier Gros Raisin, doit toujours 600 000 euros à Gérard Leroy son plus proche voisin. Son voisin Etienne Leroy qui s'estime victime de la construction du mur a demandé la liquidation des astreintes. Une procédure que ne comprennent pas Etienne Rocher et son avocat. "C'est une histoire de fou. Le voisin dans des circonstances assez troubles a obtenu du juge des référés la condamnation à démolir ce mur. et aujourd'hui malgré la démolition du mur, il réclame la liquidation de l'astreinte. Cela relève d'un esprit de pinaillage. 600 000 euros c'est déraisonnable", estime Maître Auteville.

De l'autre côté du mur détruit on juge la situation passée intolérable. Pour le défenseur de Gérard Leroy son client a subit un préjudice presque moral. "La difficulté c'est que mon client a vécu pendant quatre dans un appartement qui était emmuré, sans lumière. Il a mis de la climatisation pour éviter que ses affaires moisissent. Vous imaginez dans quelle situation il a vécu ? Le mur était tellement collé contre ses jalousies qu'il ne pouvait pas les ouvrir", commente Maître Prévost.

Etienne Rocher et son épouse sont soutenus par leur famille, leurs amis et par le collectif des justiciables mécontents. "Il n'a qu'à mettre des jalousies à hauteur d'homme et puis c'est fini. Il n'y aura plus de problèmes", propose Charles Virassamay, président du collectif.

L’affaire a été renvoyée au 24 janvier 2017 devant le tribunal de grande instance de Fort de France.

Karl Lorand et Pascal Michaux