Crachat et injure raciale pendant les municipales à Sainte-Anne : plusieurs associations annoncent un dépôt de plainte

Par 03/04/2026 - 06:02 • Mis à jour le 03/04/2026 - 09:47

Le MIR, le CNR, l’Assoka et la fédération mondiale éthiopienne vont porter plainte contre l'homme qui a craché et insulté un élu de Sainte-Anne lors de la campagne du second tour des élections municipales.

    Crachat et injure raciale pendant les municipales à Sainte-Anne : plusieurs associations annoncent un dépôt de plainte

C'est l'un des faits marquants de la campagne du second tour des élections municipales. À Sainte-Anne, un homme s'en est pris à des partisans du maire de Sainte-Anne, en pleine propagande électorale à bord d'une voiture sonorisée.

Le soir du 17 mars dernier, l'individu se plaint d'être dérangé par le bruit. Il finit par cracher sur un des occupants du véhicule, et selon des témoins de la scène, traite un élu municipal de "sale nègre". Une partie de la scène a été filmée sur les réseaux sociaux. Un enregistrement qui ne permet pas de distinguer les propos proférés par l'agresseur.

L'élu a porté plainte pour injures raciales.

Une plainte en plus

Une plainte qui sera doublée. Ce jeudi matin à la maison des syndicats à Fort-de-France le Comité National pour les Réparations, du Mouvement International pour les Réparation, l’Assoka et de la fédération mondiale éthiopienne ont annoncé leur intention de porter plainte à leur tour.

Le bâtonnier Raphaël Constant explique les raisons de cette démarche :

On attendait de voir ce qu'allait faire le procureur puisque la victime a déposé plainte. Ce qui est scandaleux dans cette affaire, c'est qu'on constate qu'aujourd'hui, deux semaines après, le parquet n'a rien fait, n'a rien dit et ne semble pas en état de devoir faire quelque chose, sinon une nouvelle fois, de minorer les faits. Donc cette démarche des associations, cette démarche solennelle est pour dire au procureur : " ce sont des faits graves et nous vous demandons de les prendre en compte pour l'injure raciale et pour la violence raciale ". Qu'ils ouvrent une instruction pour qu'il y ait un juge d'instruction qui étudie tout ce qui s'est passé à Sainte-Anne le 17 mars. S'il ne le fait pas, nous allons nous-mêmes saisir le doyen des juges d'instruction par la suite

« Le droit devra sanctionner ce comportement d'un autre temps »

Garcin Malsa, président du MIR, explique aussi le sens de sa démarche : 

Nous avons attendu la réaction du préfet et du procureur. Compte-tenu de la gravité de ce délit et de la violence du fait, il y a bien longtemps que si c'était un individu de couleur noire qui avait craché sur un individu de couleur blanche, il y a bien longtemps qu'ils auraient pris les dispositions pour régler ce problème. Ils ne l'ont pas fait et ils porteront la responsabilité de ce qui va suivre. Avec cette plainte, nous attendons que tous les Martiniquais soient informés par la presse et que le préfet et le procureur sachent que nous n'allons pas nous laisser faire

Pour sa part, Me Eddy Arneton, avocat de l’élu qui a déposé plainte initialement pour les injures et violences racistes, se félicite de cette action. 

Il est heureux que des associations s’emparent également de cette affaire. Ce qui s’est produit est inadmissible et le droit devra sanctionner ce comportement d'un autre temps

Pour l’instant, l’affaire est encore en cours après son dépôt de plainte, auprès du procureur de la République. 

Nous n’avons aucune nouvelle officielle du Parquet  depuis notre dépôt de plainte qui ne manquera pas, espérons-le, de prendre au sérieux cette affaire 


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